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Objets du culte

Les atabaques et les rythmes du terreiro

La voix sacrée du terreiro

Les trois atabaques Rum, Rumpi et Lé

Dans notre terreiro, l’atabaque occupe une place essentielle. Il accompagne les chants, soutient les danses rituelles et participe au lien entre la communauté, les Orixás, les Nkisi et les différentes lignes spirituelles de l’Umbanda.

Notre pratique réunit le Candomblé de nation Angola et l’Umbanda. Cette rencontre se retrouve dans notre manière de chanter, de jouer et de transmettre les rythmes. Certains toques appartiennent au fondement musical Angola, tandis que d’autres sont associés aux Orixás ou accompagnent les différentes lignes de l’Umbanda.

L’utilisation d’un rythme dépend de la cérémonie, du moment rituel et des enseignements transmis dans le terreiro. Il n’existe donc pas un répertoire absolument identique dans toutes les maisons.

Bien plus qu’un instrument de musique

L’atabaque ne doit pas être considéré comme un simple instrument destiné à produire de la musique. Dans le cadre religieux, son rôle est à la fois musical, communautaire et spirituel.

Son rythme organise la cérémonie, accompagne les chants et guide les mouvements. Il contribue à unir les participants autour d’une même vibration et d’une même intention. Le dialogue entre les atabaques, les voix, les battements de mains et la danse donne vie au travail rituel.

Le son ne remplace toutefois ni le fondement, ni la prière, ni la connaissance. Il agit avec eux. La personne qui joue doit connaître le rythme, mais également comprendre le moment de la cérémonie, observer ce qui se déroule dans le terreiro et respecter la direction spirituelle de la maison.

Rum, Rumpi et Lé

Les trois atabaques se nomment Rum, Rumpi et Lé. Ils possèdent des dimensions et des sonorités différentes, mais fonctionnent comme un seul ensemble.

Le Rum

Le Rum est le plus grand des trois atabaques et possède la sonorité la plus grave. Il dirige le dialogue rythmique, développe les variations et répond aux mouvements de la danse rituelle.

Son jeu ne consiste pas uniquement à maintenir une pulsation. Il peut annoncer un changement, souligner un geste, accompagner un déplacement ou dialoguer directement avec l’Orixá, le Nkisi ou l’entité présent dans le terreiro.

Le Rumpi

Le Rumpi est l’atabaque intermédiaire. Il soutient la structure du toque et établit le lien entre la voix grave du Rum et la sonorité plus aiguë du Lé.

Sa régularité contribue à maintenir l’équilibre de l’ensemble.

Le Lé

Le Lé est le plus petit des trois atabaques et possède la sonorité la plus aiguë. Il maintient généralement une base rythmique régulière sur laquelle le Rumpi et le Rum peuvent construire leur dialogue.

Bien que son jeu puisse sembler plus répétitif, sa fonction est indispensable. Sans une base stable, l’ensemble du toque risque de perdre sa cohérence.

Les trois atabaques peuvent être accompagnés d’une cloche métallique appelée, selon les traditions, gã, gonguê ou agogô. Celle-ci marque une ligne rythmique de référence qui aide les instruments, les chants et les battements de mains à rester unis.

Le bois et la peau animale

L’atabaque est généralement constitué d’un corps en bois sur lequel est tendue une peau animale. C’est la vibration de cette peau, mise en résonance par le bois, qui produit sa voix.

La nature de la peau, son épaisseur, son montage et sa tension influencent la profondeur, la puissance et la couleur du son. Chaque atabaque possède ainsi une voix particulière.

La chaleur, le froid et l’humidité peuvent modifier la tension de la peau. L’entretien de l’instrument est donc important pour préserver sa sonorité et éviter que le cuir ou la structure en bois ne soient endommagés.

Jouer avec les mains ou avec des baguettes

Dans le Candomblé de nation Angola, de nombreux rythmes sont traditionnellement joués directement avec les mains. Dans d’autres traditions, certains toques sont exécutés avec des baguettes appelées aguidavis.

Comme notre terreiro réunit le Candomblé Angola et l’Umbanda, la manière de jouer peut varier selon le rythme exécuté. Elle dépend de la tradition à laquelle appartient le toque et de la manière dont il a été transmis dans notre maison.

L’ogan et sa responsabilité

L’ogan occupe une fonction rituelle importante dans le terreiro. Il ne doit pas être considéré comme un simple musicien chargé d’accompagner une cérémonie.

Tous les ogans n’exercent pas nécessairement la même fonction. Certains possèdent des responsabilités particulières dans l’organisation du terreiro, tandis que d’autres se consacrent davantage aux atabaques, aux chants et à la conduite musicale des cérémonies.

Lorsqu’il est responsable des atabaques, l’ogan doit connaître les rythmes, les chants, les réponses et les changements qui accompagnent chaque moment rituel. Il doit également savoir observer la cérémonie, suivre les indications du dirigeant spirituel et adapter son jeu à ce qui se déroule dans le terreiro.

Il veille au bon déroulement musical de la cérémonie, à la coordination entre les atabaques et au respect des instruments. Il doit savoir commencer un toque, le maintenir, le faire évoluer et l’arrêter au moment approprié.

Son rôle demande de la discipline, de la concentration et une connaissance qui dépasse largement la technique instrumentale. Il se place au service de la tradition, de la communauté et du travail spirituel.

La fonction de l’ogan, ses différents titres et ses autres responsabilités feront l’objet d’une page particulière consacrée à l’organisation et à la hiérarchie du terreiro.

Une transmission principalement orale

La connaissance des rythmes ne se limite pas à mémoriser une succession de frappes. Elle comprend également les chants, les réponses, les changements, les moments d’entrée et d’arrêt ainsi que la relation entre le toque et les mouvements accomplis dans l’espace rituel.

Cette transmission reste principalement orale et pratique. Elle passe par l’observation, l’écoute, la répétition et l’accompagnement des personnes plus expérimentées.

Apprendre à jouer demande du temps. Il faut développer la régularité, la mémoire, l’écoute des autres instruments et la capacité à rester attentif à l’ensemble de la cérémonie.

Les rythmes du Candomblé Angola

La tradition Angola possède ses propres expressions musicales. Selon les lignées et les maisons, les noms, les variantes et les usages peuvent changer.

L’Arrebate

L’Arrebate peut annoncer ou marquer un moment important de la cérémonie. Dans certaines maisons, il accompagne l’ouverture, une entrée, une salutation ou la conclusion d’une séquence rituelle.

Le Barravento

Le Barravento est un rythme puissant et dynamique. Il accompagne des chants et des danses dans lesquels le mouvement et l’intensité occupent une place importante. Sa vitesse et sa manière d’être joué peuvent varier selon les traditions.

La Cabula

La Cabula est profondément liée aux expressions religieuses d’origine bantoue. Elle accompagne les chants, les battements de mains et la danse. Son mouvement peut progressivement gagner en intensité au cours de son exécution.

Elle peut également apparaître sous des appellations ou des formes proches, comme le Samba de Cabula, selon les maisons et les régions.

Le Congo de Ouro

Le Congo de Ouro est présent dans différentes maisons de tradition Angola. Il possède une structure vive et soutient le dialogue entre les atabaques, les chants et les mouvements de la danse.

D’autres appellations peuvent être rencontrées dans les traditions Angola, notamment Rebate, Muzenza, Congo, Muxicongo ou Quebra-prato. Leur signification et leur manière d’être exécutées doivent toujours être replacées dans la tradition de la maison qui les utilise.

Les rythmes associés aux Orixás

À côté des rythmes liés au fondement Angola, notre terreiro utilise également des toques associés aux Orixás. Ils font partie de l’identité et de la transmission propres à notre maison.

Ijexá — Oxum

Dans notre terreiro, l’Ijexá est associé à Oxum. Son balancement accompagne la douceur, la fluidité et l’élégance de ses chants et de ses mouvements.

Alujá — Xangô

L’Alujá est associé à Xangô. Son caractère vigoureux accompagne la force, l’autorité, la justice et la puissance de cet Orixá.

Aguerê — Oxóssi

L’Aguerê est associé à Oxóssi. Son rythme accompagne les mouvements liés à la chasse, à la recherche, à la vigilance et à la connaissance des forêts.

D’autres rythmes sont également associés aux Orixás dans différentes traditions, notamment l’Opanijé à Obaluaiê ou Omolu, l’Ilú à Oyá-Iansã, le Bravum à Oxumarê, le Sató à Nanã et l’Ibim à Oxalá.

Ces correspondances peuvent varier d’une nation ou d’une maison à l’autre. Elles ne doivent donc pas être comprises comme une classification identique dans tous les terreiros. Notre page présente avant tout les rythmes enseignés et pratiqués dans notre maison.

Les atabaques dans l’Umbanda

Dans l’Umbanda, les atabaques accompagnent les pontos cantados et les différentes étapes de la gira. Le chant et le rythme participent à la concentration, à l’unité du groupe et au déroulement du travail médiumnique.

Les toques peuvent accompagner les Caboclos, les Pretos Velhos et Pretas Velhas, les Erês, les Boiadeiros, les Marinheiros, les Exus, les Pombagiras et les autres lignes spirituelles accueillies dans le terreiro.

Il n’existe cependant pas une seule manière de pratiquer l’Umbanda. Certaines maisons utilisent plusieurs atabaques, d’autres un seul, et certaines traditions travaillent sans percussion. Les rythmes, les chants et les appellations changent selon l’histoire et les fondements de chaque maison.

Dans notre terreiro, le Candomblé et l’Umbanda ne sont pas présentés comme deux traditions identiques. Chacun conserve sa nature et ses caractéristiques, mais leurs expressions musicales peuvent se rencontrer au sein de notre pratique.

La préparation spirituelle des atabaques

Un atabaque destiné au culte n’est pas immédiatement utilisé comme n’importe quel instrument. Il est préparé selon les fondements et les règles du terreiro afin de pouvoir prendre sa place dans les cérémonies.

Cette préparation lui confère une fonction spirituelle et le distingue d’un tambour utilisé uniquement pour la musique.

L’atabaque reçoit lui aussi un bori. Il peut également recevoir des offrandes et des attentions rituelles destinées à entretenir sa force et le lien établi avec le sacré.

Une fois préparé, il doit être traité avec respect. Il ne peut pas être manipulé, déplacé ou utilisé sans tenir compte des règles de la maison. Son emplacement et les personnes autorisées à en jouer dépendent également du fondement du terreiro.

Les détails de sa préparation, de son bori et des offrandes qui lui sont destinées appartiennent à la connaissance interne de la maison. Ils ne seront donc pas exposés sur cette page publique.

Une mémoire vivante

Les rythmes du terreiro portent une histoire qui ne se limite pas à la musique. Ils transmettent des connaissances, accompagnent les chants, soutiennent la communauté et participent à la continuité des traditions afro-brésiliennes.

Apprendre à jouer de l’atabaque, c’est apprendre à écouter. C’est reconnaître sa place, respecter le temps de la cérémonie et comprendre que chaque frappe s’inscrit dans un ensemble plus vaste.

Préparé, nourri et respecté, l’atabaque devient une véritable voix du terreiro : une voix qui appelle, accompagne, rassemble et transmet.

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