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Calcul des Odù par la date de naissance

Une méthode de lecture en croix

La date de naissance peut être utilisée pour construire une croix symbolique composée de plusieurs Odù. Chacun occupe une position particulière et apporte un éclairage sur un domaine de l’existence : la manière de penser, la recherche d’équilibre, l’essence de la personne, ses obstacles et la direction générale de son chemin.

Dans cet article

Les principes de cette lecture

Cette méthode de calcul par la date de naissance est distincte de la consultation réalisée avec le jeu de búzios. Elle propose une lecture symbolique destinée à mieux reconnaître certaines forces, certaines difficultés et certains enseignements présents dans un parcours de vie.

Elle ne doit pas être comprise comme une condamnation, une prédiction immuable ou une définition complète de la personne. Chaque Odù possède des aspects favorables, des risques de déséquilibre et un enseignement permettant de faire évoluer ce qu’il représente.

Règle de réductionLorsqu’un résultat dépasse 16, ses chiffres sont additionnés afin d’obtenir un nombre compris entre 1 et 16. Si la première réduction dépasse encore 16, l’opération est répétée. Un résultat égal à 16 est conservé : il ne doit pas être réduit à 7.

La structure de la croix

La croix est composée de cinq positions principales : Testa, en haut ; Nuca, en bas ; Gauche ; Droite et Centre.

Trois positions complémentaires peuvent ensuite être calculées : Gauche + Testa, Gauche + Nuca et Droite + Testa.

Exemple de calcul : 19 novembre 1984

Prenons comme exemple la date du 19/11/1984. Le jour, le mois et les deux parties de l’année sont disposés sur quatre lignes.

Jour1 · 9
Mois1 · 1
Début de l’année1 · 9
Fin de l’année8 · 4
Somme gauche11
Somme droite23

La colonne de gauche donne 1 + 1 + 1 + 8 = 11. La colonne de droite donne 9 + 1 + 9 + 4 = 23. Ces deux résultats constituent le point de départ de la croix.

Calcul des cinq positions principales

PositionCalculRéductionOdù placé dans la croix
TestaColonne gauche = 1111 est conservé11 — Owonrin
NucaColonne droite = 232 + 3 = 55 — Oxê
Droite11 + 23 = 343 + 4 = 77 — Odí
Gauche23 + 34 = 575 + 7 = 1212 — Ejilaxeborá
Centre57 + 34 = 919 + 1 = 1010 — Ofun

Les nombres réduits permettent d’identifier les Odù placés dans la croix. Les valeurs complètes restent toutefois nécessaires pour effectuer les additions suivantes.

Les positions complémentaires

PositionCalculRéductionRésultat
Gauche + Testa
Attaques ou pressions
57 + 11 = 686 + 8 = 1414 — Iká
Gauche + Nuca
Défi ancestral
57 + 23 = 808 + 0 = 88 — Ejionilê
Droite + Testa
Appuis et favorecimento
34 + 11 = 454 + 5 = 99 — Ossá

La première position représente les pressions, les oppositions ou les influences susceptibles de déstabiliser la personne. La deuxième évoque un héritage familial, ancestral ou symbolique qui demande à être compris et transformé. La troisième indique les forces, les qualités, les rencontres ou les circonstances pouvant favoriser le parcours.

La signification des positions

Testa

La pensée, la mentalité, le raisonnement et la manière de comprendre les événements. L’Odù montre comment la personne organise ses idées, prend ses décisions et réagit intérieurement aux situations.

Nuca

La base, la stabilité et ce qui aide la personne à retrouver son équilibre. Elle peut également montrer ce qui doit être consolidé afin de ne pas perdre sa direction.

Droite

L’essence de la personne, ses dispositions profondes et la manière dont son énergie cherche naturellement à se manifester.

Gauche

Les obstacles, les comportements répétitifs et les difficultés demandant une attention particulière. Elle indique un domaine dans lequel un travail conscient est nécessaire.

Centre

Le but de vie, la direction principale du parcours et l’enseignement vers lequel les différentes expériences semblent conduire la personne.

Les seize Odù

Les noms peuvent connaître différentes orthographes selon les langues, les auteurs et les traditions. Pour cette méthode, l’ordre suivant est conservé.

1 — Okanran : affirmation et commencement

Okanran porte une énergie de commencement, d’initiative et d’affirmation. Il favorise l’autonomie, la capacité à agir rapidement et la volonté d’ouvrir son propre chemin.

Lorsque cette énergie se déséquilibre, l’affirmation peut devenir impatience, colère ou opposition systématique. La personne risque alors de considérer toute limite comme une attaque contre sa liberté.

Enseignement : transformer l’impulsion en décision consciente. La véritable indépendance réside dans la capacité à choisir une direction et à en assumer les conséquences.

2 — Ejiokô : relation et dualité

Ejiokô concerne la rencontre entre deux forces. Il parle des associations, du couple, de la coopération, des accords et des décisions qui ne peuvent être prises sans tenir compte d’une autre personne.

Son déséquilibre peut se manifester par l’hésitation, la dépendance, les rivalités ou la difficulté à choisir entre deux possibilités.

Enseignement : apprendre à construire avec les autres sans perdre son identité. Coopérer ne signifie ni se soumettre ni abandonner sa propre volonté.

3 — Etá Ogundá : effort et construction

Etá Ogundá représente le travail, la persévérance et la capacité à affronter concrètement les obstacles. Il soutient l’action, le courage et la volonté de transformer les difficultés en résultats.

Dans son déséquilibre, la détermination peut devenir dureté, obstination ou conflit. L’action permanente peut également entraîner l’épuisement lorsqu’elle n’est pas accompagnée de réflexion.

Enseignement : utiliser sa force pour construire. Certaines résistances doivent être traversées, tandis que d’autres demandent une nouvelle manière d’agir.

4 — Irosun : mémoire et compréhension intérieure

Irosun est lié à la mémoire, à l’observation, à l’intuition et à ce qui ne se révèle pas immédiatement. Il invite à regarder au-delà des apparences et à prendre le temps de comprendre les causes profondes d’une situation.

Son déséquilibre peut conduire à la rumination, au repli ou à une méfiance excessive envers ce qui n’est pas encore clair.

Enseignement : utiliser le passé comme une source de compréhension sans rester prisonnier de ce qui a déjà eu lieu.

5 — Oxê : sensibilité et harmonie

Oxê évoque la sensibilité, l’affection, la créativité et la capacité à produire de l’harmonie. Il favorise les relations, le plaisir de vivre et la faculté de reconnaître la beauté ou la valeur d’une situation.

Son déséquilibre peut apparaître lorsque la personne dépend trop du regard des autres, cherche constamment leur approbation ou évite les difficultés afin de préserver une apparence de tranquillité.

Enseignement : cultiver la douceur sans perdre sa force intérieure. Prendre soin des autres ne doit pas conduire à négliger ses propres besoins.

6 — Obará : expression et réalisation

Obará porte une énergie d’expansion, de communication et de réalisation. Il soutient l’ambition, la créativité et la volonté de transformer une idée en résultat concret.

Dans son déséquilibre, il peut faire apparaître l’orgueil, l’exagération, le besoin excessif d’être reconnu ou la tendance à faire des promesses difficiles à tenir.

Enseignement : la parole possède une force. Elle doit être utilisée avec responsabilité et accompagnée d’actions véritables.

7 — Odí : structure et persévérance

Odí représente ce qui contient, protège et permet de donner une forme durable. Il favorise la résistance, la continuité et la capacité à consolider ce qui a été entrepris.

Cette recherche de stabilité peut toutefois devenir enfermement, rigidité ou peur du changement. La personne peut rester attachée à une situation uniquement parce qu’elle lui est familière.

Enseignement : construire des bases solides sans les transformer en prison. La sécurité doit permettre d’évoluer, non empêcher tout mouvement.

8 — Ejionilê : conscience et responsabilité

Ejionilê évoque la compréhension, l’activité mentale, la recherche de justice et la capacité à assumer des responsabilités. Il favorise l’analyse, la parole et la volonté de mettre de l’ordre dans les situations.

Son déséquilibre peut provoquer une agitation mentale, une exigence excessive ou un besoin permanent de prouver sa valeur.

Enseignement : mettre ses capacités au service d’un objectif juste. Plus la personne comprend, plus elle devient responsable de la manière dont elle utilise cette compréhension.

9 — Ossá : transformation et perception

Ossá est associé au changement, au mouvement et à la capacité de percevoir plusieurs dimensions d’une même situation. Il peut apparaître lorsque l’ancien ordre ne suffit plus et qu’une transformation devient nécessaire.

Son déséquilibre peut produire de l’instabilité, de la dispersion ou une difficulté à trouver un point d’ancrage au milieu des changements.

Enseignement : accepter que certaines transformations soient nécessaires. Il ne s’agit pas de contrôler chaque mouvement, mais de reconnaître la direction qui se révèle à travers lui.

10 — Ofun : maturité et accomplissement

Ofun évoque la clarté, la maturité, l’achèvement d’un cycle et la compréhension acquise par l’expérience. Il invite à reconnaître ce qui doit être terminé avant qu’une nouvelle étape puisse réellement commencer.

Son déséquilibre peut entraîner l’isolement, la rigidité ou la conviction de devoir tout supporter seul.

Enseignement : accepter consciemment les cycles. Une conclusion n’est pas nécessairement une perte : elle peut libérer l’espace indispensable à un nouveau commencement.

11 — Owonrin : mouvement et imprévu

Owonrin représente une énergie mobile, rapide et difficile à enfermer dans une forme définitive. Il favorise l’adaptation, la curiosité et la capacité à répondre à des changements inattendus.

Son déséquilibre apparaît dans la précipitation, l’inconstance ou l’accumulation de projets laissés inachevés. Le mouvement peut alors devenir une manière d’éviter l’engagement.

Enseignement : donner une direction à son énergie. S’adapter ne signifie pas changer continuellement de chemin, mais savoir modifier sa manière d’avancer.

12 — Ejilaxeborá : justice et responsabilité

Ejilaxeborá place l’équilibre, la justice et la responsabilité au premier plan. Il invite à observer les conséquences des actes et à rechercher une solution équitable.

Son déséquilibre peut se traduire par une sévérité excessive, une difficulté à pardonner ou la tendance à juger les autres selon des exigences impossibles à satisfaire.

Enseignement : la justice doit rester liée à la compréhension. Corriger un déséquilibre ne signifie pas condamner sans nuance.

13 — Ejiologbon : transformation et renouvellement

Ejiologbon évoque les passages profonds, les fins nécessaires et la transformation de ce qui ne peut plus demeurer identique. Il favorise l’introspection et la capacité à tirer une nouvelle force d’une expérience difficile.

Son déséquilibre peut faire apparaître la peur de perdre, l’attachement au passé ou le refus d’accepter qu’un cycle soit terminé.

Enseignement : reconnaître que toute transformation demande un abandon. Ce qui prend fin peut devenir la matière d’une reconstruction plus consciente.

14 — Iká : stratégie et adaptation

Iká met en avant la prudence, l’intelligence stratégique et la capacité à observer avant d’agir. Il invite à mesurer ses paroles et à ne pas répondre immédiatement à toutes les provocations.

Son déséquilibre peut conduire à la suspicion, aux conflits indirects ou à une attitude défensive permanente.

Enseignement : adapter sa stratégie sans perdre son objectif. La patience n’est pas une faiblesse lorsqu’elle permet d’agir au moment juste.

15 — Obeogundá : volonté et discernement

Obeogundá évoque une volonté forte, le besoin de défendre ses convictions et la capacité à prendre une décision dans une situation difficile.

Son déséquilibre apparaît lorsque la conviction devient obstination ou lorsque la personne poursuit un combat qui n’a plus de sens uniquement pour ne pas reconnaître une erreur.

Enseignement : unir force et discernement. Modifier une décision lorsque les circonstances l’exigent n’est pas une défaite, mais une preuve de maturité.

16 — Aláfia : paix et harmonie

Aláfia représente l’apaisement, l’accord et la recherche d’un équilibre durable. Il peut indiquer une résolution favorable, une réconciliation ou la possibilité de retrouver une plus grande stabilité.

Il ne garantit cependant pas une existence sans difficulté. La paix doit être entretenue par des choix cohérents, des relations équilibrées et une attention portée à ce qui pourrait créer un nouveau désordre.

Enseignement : l’harmonie n’est pas seulement l’absence de conflit. Elle résulte d’un travail conscient de compréhension, de mesure et de respect.

Comprendre le résultat

Un même Odù ne se lit pas de manière identique dans toutes les parties de la croix. Un Odù placé en Testa décrit principalement la manière de penser et de comprendre. Le même Odù placé à Gauche peut montrer comment cette énergie devient un obstacle. Au Centre, il peut représenter une direction d’accomplissement.

La répétition d’un même Odù à plusieurs endroits renforce son importance, mais chaque apparition doit être interprétée selon la fonction de sa position.

Aucun Odù n’est entièrement bon ou mauvais. Chacun porte une force, une difficulté possible et un enseignement. La croix ne doit pas servir à enfermer une personne dans une définition ni à lui annoncer un avenir immuable. Elle permet d’observer certaines tendances, de reconnaître des qualités et de mieux comprendre les domaines qui demandent un travail particulier.

Un chemin, non une condamnationL’Odù montre des possibilités et des enseignements. La manière de vivre, de comprendre et de transformer ces possibilités appartient toujours à la personne.

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