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La pemba, l’efun, l’osun et le waji

Matières sacrées, couleurs et écritures rituelles du terreiro

La craie, l’argile, le bois réduit en poudre et l’indigo deviennent les supports visibles d’une action spirituelle. Préparés, consacrés et employés selon les fondements de chaque maison, ils permettent de marquer, protéger, purifier, consacrer et rendre perceptible le travail d’un Orixá ou d’une entité.
Médium initié portant des marques blanches, rouges et indigo, des contra-egum aux bras et un ekodidé maintenu par de la palha da costa, traçant un ponto riscado à la pemba devant trois poudres rituelles
Le geste rituel réunit ici la pemba blanche et les trois couleurs de l’efun, de l’osun et du waji.

Dans un terreiro, une matière n’est jamais considérée uniquement pour sa couleur, sa forme ou sa composition. La craie, l’argile, le bois réduit en poudre et l’indigo deviennent les supports visibles d’une action spirituelle. Préparés, consacrés et employés selon les fondements de chaque maison, ils permettent de marquer, de protéger, de purifier, de consacrer ou de rendre perceptible le travail d’un Orixá ou d’une entité.

La pemba, l’efun, l’osun et le waji sont parfois rapprochés parce qu’ils servent tous à produire des marques ou des peintures rituelles. Ils ne sont pourtant ni identiques ni interchangeables. La pemba est principalement connue comme l’instrument avec lequel les entités tracent leurs pontos riscados dans l’Umbanda. L’efun, l’osun et le waji sont, quant à eux, trois matières fondamentales de la tradition nagô-yorùbá et du Candomblé : la première est blanche et minérale, la deuxième rouge et végétale, la troisième bleu indigo et végétale.

Leur emploi exact ne s’apprend pas dans un tableau ni dans un livre. Il dépend de la nation, de la lignée, de l’Orixá, de l’entité, du travail accompli et des enseignements transmis à l’intérieur de chaque maison. Les explications qui suivent présentent donc leur sens général et leur usage public, sans dévoiler les préparations qui appartiennent aux fondements internes du culte.

La pemba : la craie sacrée de l’Umbanda

La pemba se présente généralement sous la forme d’un bâton de craie épais, arrondi ou conique. Elle peut être blanche ou colorée. Dans l’Umbanda, elle sert avant tout à tracer les pontos riscados, mais elle peut aussi être employée pour croiser une personne, une image ou un objet, consacrer un espace, établir une protection, marquer une porte ou un autel, délimiter un champ de travail et accompagner certaines opérations de nettoyage ou de fermeté.

Le mot possède des racines bantoues. Dans plusieurs langues d’Afrique centrale et australe, des formes proches de pemba ou mpemba désignent une terre blanche, une argile claire ou du kaolin. Dans les cultures kongo, la blancheur minérale est également liée au monde spirituel, aux ancêtres, à la transition et à la puissance rituelle. Transportée et transformée dans la diaspora, cette ancienne relation entre la matière blanche, le signe et le sacré a trouvé de nouvelles expressions au Brésil, particulièrement dans l’Umbanda.

Une ancienne fabrication entourée de sacralité

Une tradition orale conservée dans certaines lignées rapporte qu’autrefois la pemba n’était pas un produit acheté dans le commerce. Elle était préparée à partir de coquilles d’œufs, soigneusement nettoyées, séchées puis réduites en une poudre extrêmement fine. La fabrication aurait été confiée à sept jeunes filles vierges, choisies en raison de l’état de pureté rituelle exigé pour cette préparation. La poudre était ensuite travaillée et moulée afin de former la craie.

Ce récit ne doit pas être présenté comme une méthode historique unique à toutes les formes d’Umbanda. Il appartient à une transmission orale et son contenu peut varier d’une maison à l’autre. Il témoigne néanmoins d’une idée essentielle : la valeur de la pemba ne provenait pas seulement de sa matière. Sa fabrication elle-même constituait un acte rituel, entouré de règles, de prières et de précautions.

La coquille d’œuf est principalement constituée de carbonate de calcium. Sa blancheur et sa relation avec l’œuf — symbole de naissance, de potentiel et de vie — renforcent sa portée symbolique. La participation des sept jeunes filles ne représentait donc pas un simple procédé artisanal : elle inscrivait la matière dans un ordre sacré avant même son utilisation.

La pemba fabriquée aujourd’hui

De nos jours, la plupart des pembas disponibles dans le commerce sont fabriquées à partir de gypse ou de plâtre, parfois de craie calcaire ou d’autres composés minéraux auxquels sont ajoutés des liants et des pigments. Les compositions varient selon les fabricants. Un bâton vendu sous le nom de pemba peut donc être à base de sulfate de calcium, de carbonate de calcium ou d’un mélange de plusieurs matières.

Cette transformation facilite la production et permet d’obtenir de nombreuses couleurs, mais le produit industriel n’acquiert pas automatiquement une fonction sacrée parce qu’il porte le nom de pemba. Pour le terreiro, sa préparation spirituelle, sa consécration et l’autorité de celui ou de celle qui l’emploie restent déterminantes. La matière permet de tracer ; le fondement lui donne sa direction et son efficacité rituelle.

Les pontos riscados : la signature de l’entité

Le ponto riscado n’est pas un dessin décoratif. Il est une écriture sacrée, une synthèse graphique par laquelle une entité manifeste son identité, ses forces et son domaine de travail. On le décrit souvent comme sa signature, son sceau ou sa carte d’identité spirituelle.

Lorsqu’une entité incorporée trace son ponto, elle peut y exprimer son nom spirituel, la ligne et la phalange auxquelles elle appartient, l’Orixá sous la force duquel elle travaille, les éléments de la nature qu’elle mobilise, son degré d’autorité ainsi que la nature de l’action qu’elle vient accomplir. Une étude menée au Santuário Nacional da Umbanda décrit ainsi le ponto riscado comme une marque propre à l’entité, capable d’indiquer son nom, sa ligne de travail, les Orixás auxquels elle est rattachée et les éléments naturels qu’elle porte.

Les pontos peuvent réunir des croix, cercles, flèches, lances, étoiles, croissants de lune, soleils, triangles, tridents, vagues, feuilles, éclairs, spirales et de nombreux autres signes. Un même symbole ne possède cependant pas toujours la même signification. Son orientation, sa position, son ouverture, le nombre de traits qui l’accompagnent et sa relation avec l’ensemble du ponto en modifient la lecture.

Certaines formes permettent de reconnaître une famille de travail : les flèches et les éléments de la forêt apparaissent fréquemment chez les Caboclos ; les vagues et les ancres chez les Marinheiros ; les croix, les étoiles, les cannes ou les signes de bénédiction chez les Pretos Velhos ; les chemins, fourches, tridents, flammes et croisements chez les Exus et les Pombas Giras. Mais aucune liste ne remplace la lecture réalisée à l’intérieur du terreiro.

Le ponto peut servir à :

Deux entités portant le même nom ne tracent pas nécessairement un ponto identique. Elles peuvent appartenir à des phalanges, à des degrés ou à des champs de travail différents. C’est pourquoi un ponto trouvé dans un livre ou sur Internet ne doit jamais être copié comme s’il s’agissait d’un motif sans conséquence. Dans la tradition, tracer signifie mettre une force en mouvement. La pemba est l’instrument ; l’entité, le geste, la parole et le fondement donnent vie au signe.

Les couleurs de la pemba et leurs correspondances

La pemba blanche est la plus répandue et, dans de nombreuses maisons, elle peut être utilisée par presque toutes les lignes. Les pembas colorées permettent d’accentuer la vibration d’un Orixá, d’une ligne ou d’un travail particulier. Il n’existe toutefois aucun code universel valable pour toutes les Umbandas. La couleur d’une pemba ne correspond pas nécessairement, dans chaque maison, à celle d’une bougie, d’un vêtement ou d’un fil de comptes.

Le tableau suivant rassemble des correspondances fréquemment rencontrées. Il doit être lu comme un repère général et non comme une règle imposée aux terreiros.

Couleur Orixás fréquemment associés Entités ou lignes souvent associées Sens général possible
BlancOxalá et les Orixás funfun ; peut servir pour tous les Orixás selon la maisonToutes les lignes ; très fréquent chez les Pretos Velhos, Caboclos et guides de droitePaix, lumière, pureté, équilibre, élévation, purification et protection
VertOxóssi, OssainCaboclos, Caboclas et lignes de la forêtNature, croissance, connaissance des plantes, santé, renouvellement et abondance
Bleu clairIemanjáMarinheiros et lignes liées aux eauxCalme, accueil, protection maternelle, harmonie et fluidité
Bleu foncéOgum dans certaines traditions ; d’autres maisons lui attribuent le rouge ou le vertLignes de protection et de défense, selon le terreiroOrdre, profondeur, fermeté, discipline et protection
Jaune ou doréOxumCiganos et lignes de prospérité dans certaines maisonsRayonnement, fécondité, douceur, attraction, prospérité et richesse spirituelle
RougeOgum et Iansã dans de nombreuses UmbandasExus et Pombas Giras, généralement en association avec le noirForce, mouvement, courage, action, défense et dynamisation
Orange ou corailIansã dans certaines maisonsLignes actives liées au mouvement et au ventTransformation rapide, mouvement, détermination et changement
BrunXangôBoiadeiros et lignes liées à la terreJustice, stabilité, autorité, résistance et fermeté
Violet ou lilasNanã, Omolu ou Obaluaiê selon les traditionsPretos Velhos et ligne des Âmes dans certaines maisonsAncienneté, transmutation, guérison, recueillement et ancestralité
NoirExu ; parfois Omolu ou Obaluaiê lorsqu’il est combiné au blancExus, Pombas Giras et gardiensAbsorption, défense, limite, protection et travail sur les forces denses
Rose ou couleurs multiplesIbeijis, Erês ; parfois Oxumarê pour les ensembles multicoloresCrianças, Ciganos ou certaines Pombas Giras, selon la maisonJoie, régénération, spontanéité, mouvement et diversité

Le noir ne signifie pas le mal. Dans les maisons qui l’utilisent, il peut représenter la capacité d’absorber, de contenir ou de transformer des forces lourdes. Son emploi est néanmoins réservé ou même absent dans certaines traditions. De la même façon, une entité d’Exu peut parfaitement choisir une pemba blanche pour un travail déterminé. La fonction du ponto et l’autorité spirituelle priment toujours sur une interprétation automatique de la couleur.

Efun, osun et waji : trois matières, trois forces chromatiques

Dans le Candomblé de tradition nagô-yorùbá, l’efun, l’osun et le waji forment un ensemble particulièrement important. Leur blanc, leur rouge et leur bleu profond ne sont pas de simples couleurs décoratives : ils participent aux peintures sacrées, à la protection de l’ori, à la consécration et à différents fondements transmis à l’intérieur de la maison.

Matière Couleur Origine principale Caractère symbolique général
EfunBlancArgile blanche, kaolin ou autre matière minérale claire selon la traditionApaisement, pureté, ordre, clarté et protection
OsunRouge à rouge orangéBois tinctorial africain réduit en poudreVie, chaleur, vitalité, mouvement et puissance de réalisation
WajiBleu indigo à bleu-noirPigment végétal obtenu traditionnellement à partir de plantes à indigoProfondeur, transformation, protection, intériorisation et maîtrise

Ces trois matières peuvent être employées ensemble, mais chacune conserve sa nature et son axé propres. Elles ne doivent pas être remplacées automatiquement par du plâtre blanc, du colorant rouge ou de l’anil industriel sous prétexte que la couleur semble identique.

L’efun : la terre blanche qui apaise et ordonne

L’efun est une matière blanche d’origine principalement minérale. Le mot peut désigner plusieurs poudres blanches dans les usages afro-brésiliens, mais il renvoie avant tout à une argile claire, à une craie naturelle ou à une matière proche du kaolin. Certaines traditions décrivent l’efun comme un barro branco, une terre blanche recueillie dans le lit ou au fond des rivières. D’autres utilisent des dépôts naturels d’argile ou de calcaire trouvés ailleurs dans le sol.

Dans sa préparation traditionnelle, l’argile recueillie est débarrassée de ses impuretés, lavée ou décantée, séchée, broyée puis tamisée jusqu’à l’obtention d’une poudre fine. Certaines lignées connaissent d’autres compositions et peuvent y associer des matières calcaires ou des coquilles. Il est donc plus exact de parler de familles de préparations rituelles blanches que d’imposer une composition chimique identique à tous les efuns.

L’efun est lié au champ du funfun, la blancheur sacrée. Il évoque la paix, la fraîcheur, la patience, la clarté, l’équilibre et l’apaisement. Il possède une affinité particulière avec Oxalá et les Orixás funfun, sans leur être exclusivement réservé. Dans les rites initiatiques du Candomblé, il est utilisé dans les peintures du corps et de la tête et participe à la protection de l’ori du nouvel initié. Il peut aussi marquer des objets, des espaces ou entrer dans certaines préparations déterminées par la tradition de la maison.

Appliqué à sec ou déposé sous forme de poudre, il est souvent compris comme une matière qui éclaire, ouvre et rend visible. Humidifié dans certaines préparations, il prend davantage un caractère calmant, adoucissant et protecteur. Ces distinctions dépendent toutefois des fondements de chaque lignée et ne peuvent être réduites à une recette générale.

L’efun et la pemba ont parfois été rapprochés ou désignés l’un par le nom de l’autre, notamment lors des rencontres entre traditions nagô et bantoues au Brésil. Ils ne doivent pourtant pas être systématiquement confondus : dans son usage le plus caractéristique, la pemba est un bâton destiné à tracer, tandis que l’efun est une matière rituelle blanche dont les fonctions dépassent largement l’écriture des pontos.

L’osun : le rouge végétal de la vie

L’osun, également écrit ossum dans de nombreux textes brésiliens, est un pigment rouge d’origine végétale. Il est traditionnellement obtenu à partir d’arbres tinctoriaux africains, principalement le camwood (Baphia nitida). Certaines sources mentionnent aussi Pterocarpus osun ou des espèces proches selon les régions et les produits disponibles.

Le cœur du bois et parfois l’écorce possèdent naturellement une teinte rouge intense. Ils sont découpés ou raclés, séchés, pilés puis tamisés afin d’obtenir une poudre rouge ou rouge orangé. En Afrique occidentale, cette matière a longtemps servi de teinture pour les textiles, le raphia, les sculptures et les ornements corporels. Son emploi rituel dans le monde yorùbá a traversé l’Atlantique et s’est maintenu dans le Candomblé.

L’osun représente la vitalité, la chaleur, le mouvement, la fécondité et la puissance de la vie. Sa couleur rappelle le sang, mais il demeure une matière végétale : il donne symboliquement corps, vigueur et dynamisme à ce qui est consacré. Il intervient dans les peintures initiatiques, dans la protection et la préparation de l’ori, dans certains assentamentos et dans d’autres compositions rituelles dont la réalisation appartient aux responsables habilités de la maison.

Il faut surtout éviter une confusion fréquente : l’osun, la poudre rouge, n’est pas l’Orixá Oxum, dont le nom yorùbá s’écrit Oṣun. La proximité sonore des deux mots ne signifie ni qu’ils sont identiques ni que la poudre serait réservée à Oxum. L’osun est employé dans des fondements concernant différents Orixás.

Il ne faut pas davantage assimiler automatiquement l’osun à l’urucum. Les deux matières produisent une couleur rouge et ont parfois été rapprochées ou substituées dans la diaspora, mais elles ne proviennent pas de la même plante et ne possèdent pas nécessairement la même fonction rituelle.

Le waji : l’indigo, la profondeur et la transformation

Le waji est un pigment bleu profond, parfois presque noir, d’origine traditionnellement végétale. Il est associé à l’indigo africain. Une de ses principales sources est Philenoptera cyanescens, anciennement appelée Lonchocarpus cyanescens, connue comme l’« indigo yorùbá ». D’autres plantes du genre Indigofera ont également servi à produire de l’indigo en Afrique occidentale.

La fabrication traditionnelle de l’indigo est un travail long et spécialisé. Les jeunes feuilles sont récoltées, pilées ou écrasées, puis laissées à fermenter. La matière végétale peut être façonnée en boules et séchée. Elle est ensuite travaillée dans une solution alcaline, autrefois obtenue notamment avec des cendres végétales. Au contact de l’air, l’oxydation révèle progressivement la couleur bleue. Le même savoir végétal a donné naissance aux célèbres tissus yorùbá adire, teints du bleu clair jusqu’au bleu-noir.

Dans le contexte rituel, le waji ne doit cependant pas être réduit à une teinture textile. Sa profondeur chromatique exprime la transformation, la protection, l’intériorisation, la maîtrise et la capacité d’envelopper ou de contenir. Il intervient dans les peintures de l’initié, particulièrement sur l’ori, et dans diverses consécrations ou préparations connues des maisons de Candomblé. Avec l’efun et l’osun, il participe à un ensemble de marques qui protège, individualise et inscrit la personne dans son nouveau rapport à l’Orixá et à la communauté.

Aujourd’hui, certains produits commercialisés comme waji sont fabriqués avec de l’anil ou des pigments synthétiques. Ils peuvent reproduire la couleur sans reproduire la matière végétale traditionnelle. Un véritable waji ne se définit donc pas uniquement par le fait qu’il soit bleu. Son origine, sa préparation et sa transmission rituelle comptent autant que sa teinte.

Trois grands champs de couleur dans la pensée yorùbá

La présence du blanc, du rouge et du bleu très sombre prend un sens supplémentaire lorsqu’on considère la manière ancienne de classer les couleurs dans la culture yorùbá. Plutôt que de séparer strictement toutes les teintes comme le font les nuanciers modernes, la pensée traditionnelle les rassemble souvent dans trois grands champs :

Cette organisation aide à comprendre pourquoi ces trois matières peuvent former une totalité symbolique sans représenter littéralement toutes les couleurs visibles. Elles expriment des qualités complémentaires : l’apaisement et la clarté ; la chaleur et la vie ; la profondeur et la transformation.

Matière, parole, geste et axé

Ni la pemba, ni l’efun, ni l’osun, ni le waji n’agissent comme des objets mécaniques. Leur rôle dépend d’un ensemble : la qualité de la matière, sa préparation, les paroles prononcées, l’intention, le moment, le geste, l’autorité rituelle et l’axé de la maison.

Dans l’Umbanda, la pemba permet à l’entité de rendre visible son identité et son travail à travers le ponto riscado. Dans le Candomblé, l’efun, l’osun et le waji inscrivent sur le corps et dans la matière une transformation rituelle, une protection et une appartenance. Dans les deux cas, l’invisible prend forme à travers un élément concret.

Ces pratiques révèlent une conception profonde du sacré : la spiritualité ne se sépare pas de la matière. La terre blanche, le bois rouge, la feuille devenue indigo et la craie tenue par l’entité deviennent des véhicules de l’axé, la force qui anime, ordonne et met la vie en mouvement.

Respect des traditions et prudence dans l’usage

Les matières vendues aujourd’hui sous ces noms peuvent contenir du plâtre, des colorants synthétiques ou des mélanges dont la composition n’est pas indiquée. Lorsqu’elles doivent entrer en contact avec la peau, il est prudent de choisir des produits dont l’origine est connue, d’éviter les yeux, les muqueuses et l’inhalation des poudres, et de ne jamais considérer un pigment industriel comme consommable.

Surtout, connaître le nom d’une matière ne donne pas l’autorité de l’utiliser dans n’importe quel rite. Les préparations, les combinaisons et les applications relevant d’une obligation, d’une initiation ou d’un assentamento appartiennent à la transmission du terreiro. La connaissance publique permet de comprendre et de respecter ; le fondement s’apprend auprès de ceux qui ont reçu la charge de le transmettre.

Sources et repères documentaires

La tradition de la pemba confectionnée à partir de coquilles d’œufs par sept jeunes filles vierges relève d’une transmission orale de terreiro. Elle est présentée comme telle afin de respecter cette mémoire sans la transformer en règle historique universelle.

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