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Les Boiadeiros

Force, mouvement et travail sur les énergies astrales

Les Boiadeiros sont des entités présentes dans l’Umbanda et également dans certaines traditions du Candomblé, liées à l’univers des campagnes brésiliennes et à l’image du vaqueiro (gardien et conducteur de bétail), du peão (cavalier et travailleur des campagnes) et du laçador (celui qui manie le lasso).

Ils peuvent rappeler l’image du cow-boy, mais leur archétype appartient surtout au sertão (vaste région intérieure et rurale du Brésil) : celui de femmes et d’hommes habitués aux longues routes, aux animaux, au travail difficile et à la nécessité de rester fermes face aux obstacles.

Ils représentent ainsi la force de volonté, le courage, la détermination, la liberté, la simplicité et la discipline.

Les Boiadeiros dans l’Umbanda

Leur travail spirituel

Une des caractéristiques importantes des Boiadeiros est leur action sur les énergies astrales du terreiro (lieu de culte).

Ils peuvent mettre en mouvement ce qui est stagnant, disperser des charges lourdes, nettoyer le champ spirituel et contribuer à ouvrir l’espace énergétique nécessaire au bon déroulement du travail.

Ils peuvent ainsi réaliser un descarrego (nettoyage et décharge des fluides et énergies négatives) sur le lieu, les médiums ou les personnes présentes.

Mais leur rôle ne se limite pas au nettoyage.

Les Boiadeiros peuvent également parler, conseiller, orienter, protéger et aider une personne qui traverse une période difficile. Certains sont très directs et parlent peu, tandis que d’autres se montrent davantage communicatifs. Comme pour les autres familles d’entités, chaque guide possède sa personnalité, son degré de connaissance et sa propre manière de travailler.

Le lasso et l’ouverture du champ astral

Le laço (lasso) est probablement leur symbole le plus caractéristique.

Lorsqu’un Boiadeiro tourne le bras comme s’il lançait son lasso, il ne reproduit pas simplement le geste du conducteur de troupeau. Dans le travail spirituel, ce mouvement peut accompagner un véritable travail de nettoyage, de dispersion, de mise en mouvement et d’ouverture des énergies astrales.

Il aide symboliquement à rassembler ce qui est dispersé, dégager ce qui encombre le champ spirituel et remettre les énergies en ordre.

Le chicote (fouet) peut également apparaître comme un instrument symbolique de rupture, de mouvement et de direction des énergies.

Certains utilisent aussi le berrante (grand cor traditionnel servant à appeler et conduire le bétail), qui appartient lui aussi à leur univers symbolique.

Le troupeau comme langage spirituel

Chez les Boiadeiros, le langage du troupeau peut prendre une signification spirituelle.

Le boi (bœuf) peut représenter symboliquement une personne ou un esprit qui s’est désorienté. La boiada (troupeau) peut représenter un ensemble d’esprits qu’il faut rassembler, conduire ou remettre sur une direction plus équilibrée.

Ainsi, « lancer le lasso », « ramener un bœuf égaré » ou « conduire le troupeau » ne doivent pas toujours être compris littéralement.

Ces images expriment leur manière de rassembler, orienter, protéger et remettre en ordre ce qui s’est égaré.

Boiadeiros et développement médiumnique

Dans certaines traditions, les Boiadeiros peuvent faire partie des premières entités qu’un médium développe ou incorpore.

Cela s’explique notamment par leur capacité à nettoyer, fortifier et préparer le champ médiumnique, mais aussi à ouvrir les énergies astrales avant l’arrivée d’autres guides.

Ils peuvent ainsi contribuer à donner davantage de stabilité au médium et à préparer le terrain pour la poursuite du développement.

Ce n’est cependant pas une règle universelle : l’ordre d’apparition des différentes entités dépend de la maison, du médium et de sa propre organisation spirituelle.

Les Caboclos Boiadeiros

Il existe également des Caboclos Boiadeiros.

Selon les traditions, ils peuvent être compris comme des Caboclos travaillant sous cette forme particulière ou comme une branche spécifique de la ligne des Boiadeiros.

Leur relation avec les Orixás varie également selon les maisons. Oxóssi, Ogum et Iansã sont fréquemment associés à leur travail, mais un Boiadeiro peut agir sous la force d’un autre Orixá selon sa fonction et sa transmission.

Il n’existe donc pas une classification unique valable pour toutes les maisons.

Leur manifestation et leurs éléments

L’incorporation des Boiadeiros est souvent énergique : mouvements rapides, gestes du lasso, pas fermes et parfois des cris caractéristiques comme :

« Êêê Boi ! »

Mais ces manifestations ne doivent pas devenir un modèle théâtral obligatoire. Tous les Boiadeiros ne se comportent pas exactement de la même manière.

Le chapeau de cuir ou de paille, le lasso, le fouet et parfois le berrante rappellent leur lien avec le monde rural.

Selon l’entité et la maison, certains peuvent utiliser de la cachaça ou d’autres boissons, ainsi que la cigarette de paille, le cigare ou la pipe. Ces éléments varient et ne constituent pas une obligation.

Les salutations changent également selon les traditions. On rencontre notamment :

« Getruá Boiadeiro ! »

ainsi que différentes variantes comme Getuá, Chetruá ou Xetro Marrumbaxêtro.

Une force qui remet les choses en mouvement

Le Boiadeiro ne doit donc pas être réduit à l’image du cavalier qui fait tourner son lasso.

Derrière cet archétype se trouve une ligne de travail fondée sur la force, la discipline, la protection, l’orientation et surtout la capacité à remettre les énergies en mouvement.

Il peut nettoyer le terreiro, ouvrir le champ astral, préparer un médium, orienter une personne, protéger ou accompagner des esprits désorientés.

Comme le vaqueiro qui rassemble son troupeau et lui redonne une direction, le Boiadeiro travaille à nettoyer, rassembler, ouvrir et conduire.

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