La bougie occupe une place importante dans de nombreuses traditions religieuses. Dans l’Umbanda et le Candomblé, elle accompagne notamment les firmezas, les prières, les hommages, les demandes de protection, les purifications et certaines cérémonies.
Son utilisation varie selon la tradition, la nation, la lignée et l’enseignement reçu. Une même couleur ou une même forme de bougie ne possède donc pas nécessairement une signification identique partout.
Allumer ou « firmar » une bougie
Allumer une bougie est un geste matériel. Firmar une bougie est un acte religieux accompagné d’une destination, d’une intention et d’une prière.
La bougie peut ainsi être destinée à un Orixá, à une entité, à l’Ange gardien, aux âmes ou à l’ancestralité. La prière qui l’accompagne peut être silencieuse, prononcée ou chantée selon les circonstances.
La flamme ne nourrit pas les Orixás ou les entités comme s’ils manquaient de force ou de lumière. Elle constitue plutôt un support permettant de concentrer la pensée, de manifester la foi et de maintenir une intention spirituelle. Elle devient un point lumineux autour duquel la prière et l’Axé peuvent être dirigés.
La bougie ne garantit cependant jamais l’accomplissement d’une demande. Elle accompagne la foi et le travail spirituel, mais ne remplace ni les actions, ni la responsabilité, ni les efforts de la personne.
Les principales fonctions de la bougie
Selon le contexte religieux, une bougie peut accompagner :
- une prière ou un remerciement ;
- un hommage adressé à un Orixá ou à une entité ;
- une demande de protection ;
- une firmeza ;
- une purification ou un rééquilibrage ;
- la bénédiction d’une personne ou d’un objet ;
- une consécration ;
- une demande d’aide ou d’ouverture des chemins ;
- l’entretien d’un lien avec l’ancestralité ;
- certaines obligations et cérémonies initiatiques.
La bougie n’agit donc pas seule. Sa destination, la prière, la préparation et l’autorité de la personne qui l’utilise déterminent sa fonction religieuse.
Les bougies et les pontos riscados
Les bougies peuvent également être associées aux pontos riscados, les tracés symboliques réalisés à la pemba et liés à l’identité ainsi qu’aux forces de travail d’une entité.
Lorsqu’une entité est sollicitée, la bougie contribue à firmar le ponto, à soutenir la connexion et à mettre sa lumière au service du travail demandé. Elle accompagne alors la prière et l’intention déposées dans le tracé.
La couleur, le nombre et la disposition des bougies dépendent de l’entité, de la nature du travail et du fondement suivi. Ces éléments ne peuvent pas être déterminés à partir d’un modèle universel ou d’une photographie trouvée sur Internet.
Les couleurs des bougies
La couleur permet d’orienter symboliquement la bougie vers un Orixá, une entité ou une qualité spirituelle. Ces correspondances connaissent des variations et ne doivent pas être considérées comme des règles universelles.
| Orixá ou entité | Couleur de la bougie |
|---|---|
| Oxalá | Blanche |
| Iemanjá | Blanche ou bleu clair |
| Ogum | Rouge ou bleu foncé |
| Oxóssi | Verte |
| Oxum | Jaune |
| Iansã | Rouge rosé |
| Xangô | Brune |
| Nanã | Lilas |
| Obaluayê et Omulu | Bicolore blanche et noire |
| Oxumarê | Multicolore ou bicolore jaune et noire |
| Exu | Bicolore noire et rouge |
| Pomba Gira | Rouge, ou bicolore noire et rouge |
| Pretos Velhos | Bicolore blanche et noire |
| Pretas Velhas | Bicolore blanche et noire, ou violette |
| Caboclos | Bicolore verte et blanche |
| Marinheiros | Bicolore blanche et bleue |
| Crianças et Erês | Bicolore rose et bleue |
| Baianos | Blanche |
| Boiadeiros | Blanche |
| Ange gardien | Blanche |
Lorsqu’une couleur particulière n’est pas disponible ou qu’aucune indication précise n’a été reçue, la bougie blanche demeure la plus polyvalente. Cela ne signifie toutefois pas qu’elle remplace automatiquement toutes les couleurs dans toutes les cérémonies.
Protection et ancestralité avant les sessions
Avant le commencement d’une session, les médiums allument généralement une bougie blanche destinée aux âmes et à l’ancestralité. Sa lumière exprime le respect, la mémoire et la continuité du lien entre les générations.
Ils allument également une bougie bicolore rouge et noire destinée à Exu afin de se placer sous la protection de leur gardien. Cette bougie est associée à la vigilance, à la défense spirituelle et à la protection du médium pendant le travail religieux.
Ces deux bougies possèdent donc des destinations différentes : la blanche est reliée aux âmes et à l’ancestralité, tandis que la rouge et noire sollicite la protection d’Exu et du gardien du médium.
Les bougies de sept jours
Les bougies dites « de sept jours » sont plus grandes que les bougies ordinaires et conçues pour entretenir une flamme pendant plusieurs jours. Elles sont employées lorsqu’une prière, une protection ou une firmeza doit être soutenue dans la durée.
Elles sont généralement entourées d’une enveloppe en plastique spécialement conçue pour rester autour de la bougie pendant sa combustion. Cette enveloppe maintient la cire et n’est normalement pas affectée par la flamme. Elle ne doit donc pas être retirée.
Malgré leur nom, leur combustion ne dure pas nécessairement sept jours exactement. La durée réelle dépend de la quantité et de la qualité de la cire, de la mèche et des conditions ambiantes.
Ces bougies existent dans de nombreuses couleurs, ainsi qu’en versions bicolores ou multicolores. Leur destination suit normalement les mêmes correspondances religieuses que les bougies plus petites.
Lorsqu’une bougie est destinée à un travail religieux continu, elle est généralement laissée se consumer entièrement dans un endroit stable, protégé et prévu à cet effet.
Les bougies multicolores et Oxumarê
Les bougies multicolores sont parfois appelées « bougies des sept rayons ». Elles peuvent être employées au cours de certaines cérémonies initiatiques, sans que leur utilisation soit identique dans toutes les traditions.
Elles peuvent également être destinées à Oxumarê en raison de son lien avec l’arc-en-ciel, le mouvement, la transformation, les cycles et la continuité. Une bougie bicolore jaune et noire peut aussi lui être destinée selon le fondement suivi.
Certaines boutiques ésotériques associent les bougies des sept rayons aux « maîtres ascensionnés ». Cette interprétation appartient à un autre courant spirituel et ne doit pas être confondue avec leur utilisation pour Oxumarê ou dans les religions afro-brésiliennes.
Les bougies votives
Une bougie votive est allumée comme expression d’un vœu, d’une promesse, d’une prière ou d’un remerciement. Elle est généralement plus épaisse qu’une bougie ordinaire et peut brûler plus longtemps.
Certains modèles vendus dans le commerce portent l’image d’un saint, d’une entité ou une prière imprimée. Cet emballage ne confère cependant pas automatiquement une fonction religieuse à la bougie. Sa véritable destination dépend de l’intention, de la préparation et de la tradition suivie.
Une bougie de sept jours peut être une bougie votive, mais toutes les bougies votives ne sont pas nécessairement des bougies de sept jours.
Les lampes rituelles
Avant la généralisation des bougies industrielles, la lumière rituelle pouvait être entretenue au moyen de lampes composées d’un récipient, d’une matière combustible et d’une mèche.
Ces lampes, appelées lamparinas au Brésil, demeurent présentes dans certaines traditions de l’Umbanda et du Candomblé. Comme la bougie, leur flamme peut soutenir une prière, une offrande ou une firmeza destinée à un Orixá ou à une entité.
Leur composition, leur préparation et leur durée varient considérablement. Elles ne doivent pas être reproduites à partir de recettes trouvées sur Internet. Certaines préparations associent des matières fortement inflammables et exigent une connaissance rituelle ainsi que des précautions rigoureuses contre l’incendie.
Faut-il interpréter la flamme et la cire ?
Une flamme irrégulière, une extinction inattendue ou la présence de cire restante ne constitue pas automatiquement un message spirituel.
Une mèche trop courte, une cire de mauvaise qualité, un courant d’air, un contenant défectueux ou un mauvais équilibre entre la cire et la mèche peuvent modifier la combustion.
Une interprétation spirituelle ne devrait donc jamais être faite avant d’avoir écarté les causes matérielles. Lorsqu’une lecture religieuse est nécessaire, elle doit être replacée dans le contexte du travail réalisé et confiée à une personne possédant l’expérience requise.
Quelques précautions indispensables
Une bougie, même consacrée, reste une flamme réelle. Elle doit toujours être placée :
- sur une surface stable et résistante à la chaleur ;
- loin des rideaux, papiers, tissus et matières inflammables ;
- hors de portée des enfants et des animaux ;
- à l’abri des courants d’air ;
- dans un contenant ou sur un support adapté.
L’enveloppe plastique spécifiquement prévue autour d’une bougie de sept jours reste en place pendant sa combustion. Elle ne doit pas être confondue avec un emballage décoratif ou de transport ajouté autour d’une autre bougie.
Une lumière entretenue par la foi
La force religieuse d’une bougie ne provient pas uniquement de sa couleur, de sa taille ou de sa durée. Elle naît de la relation entre la flamme, la destination qui lui est donnée, la prière et l’Axé mis en mouvement.
Simple en apparence, la bougie peut devenir un instrument de recueillement, de protection et de connexion spirituelle. Elle rappelle cependant que toute lumière doit être entretenue avec conscience, respect et responsabilité.
La foi donne un sens à la flamme, mais la connaissance permet de l’utiliser justement.
Les couleurs et les usages présentés ici décrivent des correspondances générales. Ils peuvent varier selon les nations, les lignées et les fondements, sans qu’une tradition puisse être réduite à une règle unique.