Leur présence évoque la force de la terre, les forêts, la connaissance de la nature, le courage, la fermeté et une sagesse qui s’exprime souvent par une parole directe et une action précise.
Beaucoup se présentent comme des guerriers, des chasseurs, des guérisseurs ou des connaisseurs des plantes et des forces naturelles.
Ils sont profondément liés à l’image spirituelle des peuples autochtones des Amériques et particulièrement à celle des peuples indigènes du Brésil. Mais réduire les Caboclos et les Caboclas aux seuls « esprits d’Indiens décédés » serait trop simple.
Comme pour beaucoup d’entités des religions afro-brésiliennes, leur origine, leur nature et leur manière de travailler peuvent être comprises différemment selon les maisons, les traditions et les enseignements initiatiques.
Qui sont les Caboclos et les Caboclas ?
Dans de nombreuses maisons d’Umbanda, les Caboclos et les Caboclas sont compris comme des guides spirituels liés à la force, à la mémoire et à la sagesse des peuples autochtones.
Certains sont considérés comme des esprits ayant connu une incarnation humaine parmi des populations indigènes.
On rencontre aussi bien des Caboclos que des Caboclas. Les Caboclas ne constituent pas une famille spirituelle séparée : elles appartiennent à la même ligne et peuvent, comme les Caboclos, être guérisseuses, guerrières, protectrices, conseillères ou exercer d’autres fonctions selon leur individualité et la force dans laquelle elles travaillent.
Cependant, cette explication n’est pas la seule.
Dans certaines traditions, le terme Caboclo désigne également une ligne ou une forme de travail spirituel. Une entité peut donc se manifester comme Caboclo sans que cela signifie nécessairement qu’elle ait connu une incarnation humaine correspondant exactement à l’identité qu’elle présente.
D’autres enseignements parlent également d’encantados ou d’êtres spirituels dont l’existence ne correspond pas nécessairement au parcours classique d’un être humain incarné puis désincarné.
Il est donc préférable de comprendre le Caboclo non seulement à travers ce qu’il aurait été dans une existence passée, mais également à travers ce qu’il représente, la force dans laquelle il travaille et la fonction qu’il exerce.
Une présence qui dépasse le Brésil
Les Caboclos et les Caboclas sont intimement liés à l’histoire spirituelle du Brésil, mais leur univers ne s’y limite pas nécessairement.
Selon certaines traditions d’Umbanda, des entités liées à d’autres peuples autochtones des Amériques peuvent également travailler dans la ligne des Caboclos.
On rencontre ainsi des entités se présentant comme liées à des peuples d’Amérique du Sud, d’Amérique centrale et parfois d’Amérique du Nord.
Cette diversité rappelle une fois encore que Caboclo désigne avant tout une grande famille spirituelle, et non une origine géographique unique ou une seule nation humaine.
Les maîtres de la terre
Dans certaines traditions afro-brésiliennes, les Caboclos sont appelés donos da terra, les maîtres ou propriétaires de la terre.
Cette expression possède une signification profonde.
Lorsque les traditions africaines furent transplantées au Brésil par les populations réduites en esclavage, elles arrivèrent sur une terre qui possédait déjà ses peuples, ses ancêtres et ses propres forces spirituelles.
Les Caboclos en sont ainsi venus, dans certaines traditions, à représenter cette présence spirituelle autochtone de la terre brésilienne.
Ils ne sont pas des Orixás africains.
Ils constituent une catégorie spirituelle distincte, née et développée au sein de l’histoire religieuse brésilienne.
Cette rencontre entre les héritages africains et les forces spirituelles de la terre explique également leur présence aussi bien dans l’Umbanda que dans certains Candomblés.
Les Caboclos, les Caboclas et les Orixás
Les Caboclos sont des entités spirituelles distinctes des Orixás, mais ils ne travaillent pas indépendamment d’eux.
Les Caboclos et les Caboclas travaillent généralement dans la force d’un Orixá.
Oxóssi possède naturellement une relation particulièrement forte avec leur univers en raison de son lien avec les forêts, la chasse, la connaissance et la subsistance.
Mais cela ne signifie absolument pas que tous les Caboclos travaillent sous la force d’Oxóssi.
Selon les traditions et les fondements des maisons, il existe des Caboclos travaillant dans la force d’Ogum, de Xangô, d’Oxum et d’autres Orixás.
Cette relation peut influencer leur manière d’agir, leurs domaines de travail, leur comportement et certains aspects de leur manifestation.
Deux Caboclos peuvent donc appartenir à la même grande famille spirituelle tout en ayant des fonctions et des tempéraments très différents.
Le Caboclo conserve cependant son individualité : il n’est pas l’Orixá dont il porte ou utilise la force.
Différents degrés de connaissance et de responsabilité
Les Caboclos et les Caboclas ne doivent pas être considérés comme un ensemble d’esprits possédant tous le même degré d’évolution, les mêmes connaissances ou les mêmes responsabilités.
Comme les autres entités spirituelles, ils peuvent se trouver à différents degrés de développement.
Certains travaillent directement auprès des personnes.
D’autres possèdent davantage de connaissances et de responsabilités et peuvent diriger ou coordonner d’autres entités.
Certains peuvent devenir des guides-chefs et exercer une fonction importante dans la direction spirituelle d’un terreiro.
Dans beaucoup de maisons d’Umbanda, le guide principal est d’ailleurs un Caboclo ou un Preto Velho, même si cette organisation ne constitue pas une règle universelle.
Le monde spirituel n’est pas immobile : les entités travaillent, apprennent et peuvent elles-mêmes évoluer.
L’aldeia et Aruanda
Dans certains enseignements d’Umbanda, les Caboclos et les Caboclas vivent et travaillent dans des aldeias spirituelles.
Le mot portugais aldeia signifie village, particulièrement lorsqu’il désigne un village indigène.
L’aldeia peut ainsi être comprise comme le village spirituel des Caboclos, leur lieu de regroupement, de préparation et de travail dans le monde spirituel.
Ces aldeias sont souvent situées, selon ces enseignements, en Aruanda.
Aruanda ne doit pas nécessairement être imaginée comme une ville matérielle semblable aux nôtres. Elle appartient au monde spirituel et peut être comprise comme un ensemble de régions ou de plans où vivent et travaillent différentes catégories d’entités.
Selon certains enseignements transmis dans les maisons, beaucoup de Caboclos travailleraient dans les premiers plans spirituels situés au-dessus du nôtre, notamment le premier et le deuxième.
Cela ne signifie pas que tous les Caboclos se trouvent au même niveau.
Comme les autres esprits, ils possèdent différents degrés d’évolution et certains peuvent naturellement travailler depuis des plans plus élevés.
Cette organisation rappelle que le Caboclo qui se manifeste dans un terreiro ne travaille pas nécessairement seul. Il reste lié à son aldeia, à sa ligne, à sa phalange et à tout un ensemble de travailleurs spirituels.
Une ligne de force et de connaissance
Les Caboclos et les Caboclas sont généralement associés à une énergie de fermeté, de mouvement et d’action.
Ils peuvent intervenir dans l’orientation spirituelle, la protection, les soins, les nettoyages énergétiques, le rééquilibrage et différents travaux destinés à aider une personne à dépasser un obstacle ou à retrouver son chemin.
La connaissance de la nature occupe une place fondamentale dans leur univers.
La forêt n’est pas simplement un lieu physique. Elle représente également un immense domaine de connaissance : les plantes, les animaux, les éléments, les cycles naturels et les différentes forces qui circulent dans le monde vivant.
C’est notamment pour cette raison que beaucoup de Caboclos sont associés aux travaux de guérison et de rééquilibrage.
Mais tous ne travaillent pas de la même manière.
Certains sont davantage guérisseurs, d’autres protecteurs, guerriers, conseillers ou responsables de travaux particuliers.
Le mot Caboclo désigne une grande famille spirituelle, pas une fonction unique.
Les plantes dans le travail des Caboclos et des Caboclas
Les plantes occupent une place importante dans de nombreux travaux de Caboclos.
Lors d’un passe, certains peuvent utiliser des feuilles, des branches ou des plantes qu’ils passent autour du corps de la personne afin de travailler sur les charges qu’elle porte.
Ces végétaux ne sont alors pas utilisés uniquement pour leurs propriétés matérielles. Ils sont compris comme porteurs de forces naturelles qui participent au travail énergétique et spirituel.
Les méthodes peuvent varier énormément.
Un Caboclo peut employer une plante directement sur une personne, tandis qu’un autre utilisera ses mains, la fumée ou une combinaison de plusieurs techniques.
Il existe également des formes plus collectives et cérémonielles de nettoyage.
Dans certaines maisons, plusieurs Caboclos peuvent se placer en deux lignes face à face, tenant des feuilles ou des rameaux. Les personnes avancent alors entre eux, parfois en passant sous les feuillages, pendant que les entités effectuent le nettoyage.
Dans d’autres formes de travail, les rameaux sont directement passés autour du corps dans ce qui peut être appelé un sacudimento.
Ces pratiques ne sont pas systématiques.
Elles illustrent au contraire la grande diversité des manières dont les Caboclos peuvent réaliser un même travail.
La fumée et le cigare
Certains Caboclos travaillent également avec le cigare ou le tabac.
Dans ce contexte, il ne faut pas comprendre le fait de fumer comme une consommation ordinaire.
La fumée peut devenir un véritable instrument de travail.
Elle peut être dirigée autour de la personne ou vers certaines zones afin de participer au nettoyage, à la dispersion et à l’évacuation de charges énergétiques parfois appelées miasmes.
La fumée agit alors symboliquement et énergétiquement comme une forme de défumation.
Une fois encore, tous les Caboclos ne fument pas et tous les terreiros n’utilisent pas cette méthode.
Elle dépend de l’entité, de sa manière de travailler et des fondements de la maison.
L’eau, le vin et les boissons rituelles
Les Caboclos peuvent également utiliser différentes boissons.
Certains boivent simplement de l’eau.
D’autres utilisent du vin doux ou d’autres boissons selon leur ligne et leur manière de travailler.
Dans un contexte rituel, ces boissons ne doivent pas nécessairement être interprétées comme une simple consommation.
Elles peuvent participer à la manifestation, au travail énergétique ou à la cérémonie.
Dans certaines fêtes ou cérémonies, on peut également voir des Caboclos danser autour d’une jarre ou d’un récipient contenant du vin ou une autre préparation.
Ces pratiques varient fortement d’une tradition à l’autre et ne constituent donc pas une règle générale du culte des Caboclos.
Pajelança et travail de guérison
Une partie de l’univers spirituel des Caboclos présente des liens avec les traditions de pajelança, particulièrement développées dans certaines régions du Brésil.
La pajelança possède elle-même plusieurs formes et traditions.
Elle est notamment associée au travail spirituel de guérison, à l’utilisation des plantes, du tabac, de la fumée, de l’eau, des prières et à l’action d’entités ou de guides spirituels.
Certains aspects du travail des Caboclos s’inscrivent clairement dans cet univers.
Il serait cependant incorrect d’affirmer que tout travail de Caboclo est automatiquement de la pajelança.
Selon les maisons et les traditions, certains travaux pourront être compris ou désignés ainsi tandis que d’autres appartiendront simplement aux pratiques propres de l’Umbanda ou du terreiro.
Le Caboclo et son médium
L’incorporation d’un Caboclo ne doit pas nécessairement être imaginée comme un esprit qui pénètre complètement dans le corps du médium et en prend possession.
Selon certains enseignements médiumniques, le Caboclo peut rester derrière le médium, ou très proche de lui sur le plan énergétique, tout en utilisant son corps comme instrument de manifestation et de travail.
Les degrés d’incorporation peuvent ainsi être très différents.
Chez certains médiums, l’entité agit de façon extrêmement proche du corps. Chez d’autres, le travail peut davantage ressembler à une association ou à un couplage énergétique entre l’entité et le médium.
Cette conception permet également de comprendre certains gestes observés pendant les passes.
Le Caboclo peut, par exemple, effectuer des mouvements de nettoyage avec les mains puis les orienter vers l’arrière, comme si la charge retirée était transmise ou évacuée derrière le médium.
Il peut également claquer des doigts.
Dans certains enseignements, ce geste participe à la rupture, à la dispersion ou à l’évacuation de l’énergie retirée, tandis que le Caboclo poursuit le travail sur le plan spirituel.
Le médium constitue alors un point d’action sur notre plan, tandis que l’entité conserve son existence et son activité propres dans le monde spirituel.
Le chakra huméral et la médiumnité
Certains Caboclos frappent parfois fortement le haut gauche du thorax.
Ce geste peut facilement être interprété comme concernant le cœur, mais dans certains enseignements spirituels et médiumniques, il est relié au chakra huméral, également appelé chakra uméral.
Ce centre énergétique est situé vers la région de l’omoplate gauche et est associé, dans ces enseignements, à la médiumnité et aux échanges énergétiques entre le médium et les entités.
Le point frappé sur l’avant du thorax se trouve donc approximativement face à cette région.
Ce geste peut être compris comme une activation ou une stimulation de ce centre afin de faciliter le travail énergétique et l’accord entre le Caboclo et son médium.
Cette explication appartient aux conceptions énergétiques et initiatiques de certaines traditions et ne doit pas être comprise comme une description anatomique ou scientifique.
Une manifestation forte, mais jamais uniforme
L’incorporation des Caboclos est souvent marquée par une présence forte.
Le corps du médium peut se redresser et devenir plus ferme.
Certains Caboclos frappent leur poitrine, effectuent des gestes rappelant le chasseur ou le guerrier, tendent symboliquement un arc ou poussent un cri caractéristique appelé brado.
Mais ces manifestations ne sont pas identiques chez toutes les entités.
Il faut surtout éviter qu’elles deviennent une sorte de modèle théâtral que chaque médium devrait reproduire.
L’incorporation résulte de la relation entre une entité particulière et un médium particulier.
Avec le développement médiumnique, cette relation peut évoluer, s’affiner et permettre au Caboclo de manifester de plus en plus clairement sa propre manière de travailler.
Des entités qui parlent et conseillent
Les Caboclos et les Caboclas peuvent également établir une relation directe avec ceux qui viennent chercher de l’aide.
À travers leur médium, ils peuvent parler, écouter et conseiller.
Leur parole est souvent décrite comme franche et directe.
Un Caboclo peut encourager, avertir, montrer une direction ou expliquer ce qu’une personne doit modifier dans sa vie.
Il peut également refuser une demande qu’il considère comme injuste ou contraire au chemin de la personne.
Le travail spirituel ne consiste donc pas toujours à donner au consultant ce qu’il souhaite.
Il peut aussi consister à lui montrer ce qu’il doit comprendre ou transformer.
La danse et les formes cérémonielles
Le travail des Caboclos et des Caboclas n’est pas uniquement individuel.
Leur présence peut également s’exprimer à travers des cérémonies collectives.
La danse y occupe parfois une place importante.
Des Caboclos peuvent danser ensemble, former des groupes, se déplacer autour de certains éléments rituels ou participer à des travaux collectifs.
Dans certaines cérémonies, ils peuvent par exemple danser autour d’une jarre contenant une boisson rituelle.
Dans d’autres, plusieurs Caboclos peuvent travailler simultanément avec des feuilles afin que les participants passent successivement entre eux et reçoivent un nettoyage.
Ces formes peuvent être très différentes d’une maison à l’autre.
Elles permettent également de varier les manières de travailler : une même entité n’est pas obligée d’utiliser toujours les mêmes gestes ou les mêmes instruments.
La fonction demeure plus importante que la forme extérieure utilisée pour l’accomplir.
Une place fondamentale dans l’histoire de l’Umbanda
Le Caboclo possède également une place symbolique majeure dans l’histoire de l’Umbanda.
Dans le récit fondateur le plus largement transmis au sein de la religion, c’est le Caboclo das Sete Encruzilhadas, incorporé par Zélio Fernandino de Moraes le 15 novembre 1908, qui annonça la naissance d’une nouvelle forme de pratique religieuse.
L’histoire réelle de la formation de l’Umbanda est certainement plus progressive et plus complexe qu’un événement unique.
Mais ce récit révèle néanmoins quelque chose d’essentiel : le Caboclo se trouve au cœur de l’identité même de l’Umbanda.
Avec les Pretos Velhos, les Caboclos devinrent l’une des grandes figures spirituelles de la religion.
À travers eux étaient également valorisées des présences longtemps méprisées ou marginalisées dans la société brésilienne : celles des peuples autochtones et des populations africaines et afro-brésiliennes.
Les Caboclos et les Caboclas dans le Candomblé
Les Caboclos et les Caboclas ne sont pas uniquement présents dans l’Umbanda.
Leur culte est également attesté depuis longtemps dans certains Candomblés brésiliens, particulièrement en Bahia.
Ils occupent notamment une place importante dans certaines traditions du Candomblé Angola ainsi que dans ce qui est généralement appelé le Candomblé de Caboclo.
Ils peuvent aussi être rencontrés dans des maisons appartenant à d’autres nations.
Caboclos et Orixás restent cependant des catégories spirituelles distinctes.
Dans certaines maisons, leurs cérémonies et leurs espaces de travail sont même clairement séparés.
Un médium peut ainsi recevoir un Caboclo dans un terreiro de Candomblé sans que le Caboclo soit pour autant assimilé à un Orixá, à un Vodun ou à un Inkice.
Cette présence témoigne de la manière dont les traditions africaines ont continué à vivre au Brésil tout en établissant de nouvelles relations avec les forces spirituelles de la terre où elles s’étaient enracinées.
Une identité spirituelle qui ne décrit pas tous les peuples autochtones
Il faut enfin faire une distinction importante.
La figure religieuse du Caboclo s’est construite au cours de l’histoire brésilienne et a parfois été influencée par les représentations que la société brésilienne se faisait des peuples indigènes.
Elle ne peut donc pas être utilisée comme une description fidèle de l’ensemble des peuples autochtones réels.
Les peuples indigènes des Amériques sont extrêmement nombreux. Ils possèdent leurs propres nations, langues, histoires, traditions et spiritualités.
Le Caboclo des religions afro-brésiliennes est une réalité spirituelle particulière, même lorsqu’il exprime une mémoire, une identité ou une force profondément liée aux peuples autochtones.
Respecter cette différence permet à la fois de préserver la tradition religieuse des Caboclos et de ne pas réduire les peuples autochtones vivants à une représentation spirituelle uniforme.
Une multitude d’individualités
Il n’existe pas « un » Caboclo.
Il existe une multitude d’entités, Caboclos comme Caboclas, qui travaillent sous cette identité spirituelle.
Leurs noms peuvent évoquer une forêt, un animal, une arme, un lieu, une qualité, une force naturelle ou la fonction qu’ils accomplissent.
Plusieurs entités peuvent également travailler sous un même nom de phalange sans nécessairement être une seule et même individualité.
Il serait donc impossible — et probablement inutile — d’établir une liste définitive de tous les Caboclos existants.
Ce qui importe davantage est de comprendre leur place, leur travail, leur relation avec les Orixás et leur organisation spirituelle.
La force des Caboclos et des Caboclas
À travers leurs multiples formes, les Caboclos et les Caboclas portent une image fondamentale : celle d’une force spirituelle profondément reliée à la terre, à la nature, à la connaissance et à la capacité d’avancer.
Ils peuvent être guérisseurs, guerriers, conseillers, protecteurs ou chefs.
Ils peuvent travailler par la parole, les mains, les plantes, la fumée, les gestes, la danse ou des cérémonies collectives.
Leur manière de travailler n’est jamais complètement figée.
Elle dépend de l’entité, du médium, de la maison et du travail qui doit être accompli.
Les Caboclos enseignent ainsi la fermeté sans nécessairement rechercher la domination, le courage sans la violence et une connaissance qui naît de l’expérience et de l’observation.
Ils rappellent également que l’être humain appartient à un monde vivant dont il ne peut se séparer.
Dans les terreiros où ils se manifestent, leurs voix, leurs brados, leurs plantes, leurs gestes et leurs conseils continuent à transmettre cette force et cette connaissance qui leur donnent une place essentielle dans les traditions spirituelles afro-brésiliennes.