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Les Enfants et les Ibejadas

Joie, simplicité et renouvellement spirituel

Parmi les grandes familles d’entités de l’Umbanda, les Enfants, également appelés selon les maisons Ibejadas ou Beijadas, occupent une place particulière.

Ils se manifestent sous une apparence et avec des attitudes enfantines. Ils peuvent rire, jouer, chanter, danser, s’asseoir au sol, demander une friandise ou un jouet et parler avec beaucoup de spontanéité.

Cette apparence ne doit cependant pas faire oublier la profondeur de leur travail.

Les Enfants jouent, mais leur travail n’est pas un jeu.

Ils peuvent conseiller, effectuer des passes, participer aux nettoyages spirituels et travailler sur l’équilibre du médium, du consultant ou du terreiro. Leur manière d’agir paraît parfois très simple, mais cette simplicité peut cacher une grande connaissance spirituelle.

Les Enfants et les Ibejadas

Repères du culte

La joie comme force

La joie est l’une des grandes caractéristiques des Enfants.

Chez eux, elle n’est pas seulement une humeur ou une façon de se présenter. Elle fait partie de leur manière de travailler.

Le rire, les chants, le mouvement, les couleurs et les jeux peuvent contribuer à modifier l’atmosphère d’un lieu et à ramener une énergie plus légère et plus ouverte.

Dans notre pratique, il arrive notamment que les Enfants soient incorporés après un travail particulièrement pesant, par exemple après certains travaux avec les Exus. Leur présence peut alors aider à changer l’atmosphère, rééquilibrer les médiums et terminer le travail dans une vibration différente.

Ils ne viennent cependant pas uniquement dans ces circonstances. En Umbanda, ils travaillent régulièrement et peuvent également avoir leurs propres giras.

Qui sont les Enfants ?

Leur origine spirituelle n’est pas expliquée de la même manière dans toutes les traditions.

Certaines maisons enseignent qu’il s’agit d’esprits ayant déjà connu l’incarnation, parfois désincarnés durant l’enfance.

D’autres considèrent que l’apparence enfantine est avant tout une forme de manifestation et de travail spirituel. L’esprit qui se présente comme un Enfant ne serait donc pas nécessairement un enfant décédé.

D’autres enseignements parlent encore d’esprits liés à la nature ou d’êtres n’ayant jamais connu l’incarnation humaine.

Comme pour d’autres familles d’entités, la forme sous laquelle un guide se manifeste ne raconte pas nécessairement toute son histoire spirituelle.

Il est donc préférable de respecter la diversité des transmissions plutôt que d’imposer une seule explication.

Leur incorporation

L’incorporation des Enfants peut être très expressive.

Certains arrivent en sautant, en riant, en applaudissant ou en dansant. D’autres s’installent rapidement au sol, jouent ou demandent leurs objets. Certains sont très agités tandis que d’autres se montrent beaucoup plus tranquilles.

Garçons comme filles peuvent présenter des caractères très différents : affectueux, turbulents, réservés, malicieux, insistants ou très directs.

Il n’existe donc pas une seule manière correcte de manifester un Enfant.

Comme pour toutes les entités, chacun possède sa personnalité et sa propre manière de travailler.

Les consultations et les passes

Les Enfants peuvent recevoir les personnes en consultation.

Ils peuvent travailler sur des questions concernant la famille, la protection des enfants, la grossesse, la santé, certaines difficultés personnelles ou simplement apporter un conseil lorsqu’une personne traverse une période compliquée.

Leur parole peut être étonnamment directe.

Un Enfant peut plaisanter, rire ou jouer puis, quelques instants plus tard, dire quelque chose de très simple qui touche exactement le problème de la personne.

Leur innocence ne doit donc pas être confondue avec de la naïveté.

Jouets et objets de travail

Les jouets occupent une place importante dans cette ligne.

On rencontre notamment des poupées, peluches, petites voitures, balles, billes, sucettes et de nombreux autres objets associés à l’enfance.

Ils ne servent toutefois pas toujours uniquement à jouer.

Selon l’entité et la maison, une poupée, une peluche ou un autre objet peut accompagner un passe ou devenir un support du travail spirituel.

Le jeu et le travail ne sont donc pas nécessairement séparés.

Chez les Enfants, le jeu lui-même peut devenir une manière de travailler.

Douceurs, fruits et boissons

Les Enfants sont fortement associés aux douceurs.

Bonbons, sucettes, gâteaux, cocadas, fruits et autres friandises sont courants dans leurs fêtes et leurs giras.

Le guaraná est également très fréquent, ainsi que différents jus et, selon les maisons, de l’eau de coco.

Certaines traditions utilisent également le caruru et d’autres préparations rituelles.

Ces habitudes ne sont pas universelles. Elles varient selon les régions, les maisons et les entités elles-mêmes.

Couleurs et bougies

Les Enfants sont souvent associés à des couleurs claires, joyeuses et lumineuses.

Dans de nombreuses maisons d’Umbanda, les bougies bleu clair et rose sont particulièrement utilisées pour cette ligne. Le blanc peut également être employé selon les traditions et les fondements de la maison.

Dans les traditions liées à Ibeji, on retrouve notamment le vert, le bleu et le rose.

Comme pour beaucoup d’éléments rituels, ces correspondances peuvent varier. Il ne faut donc pas considérer qu’une seule couleur serait obligatoire dans toutes les maisons.

La salutation en Umbanda

Les Enfants et les Ibejadas peuvent être salués par :

« Oni Beijada ! »

C’est également la salutation utilisée dans notre maison.

Elle accompagne la présence des Enfants, leurs chants, leurs giras et les moments où l’on rend hommage à cette ligne.

Le 27 septembre

Le 27 septembre est l’une des grandes dates consacrées aux Enfants et aux Ibejadas dans l’Umbanda.

C’est également la date célébrée dans notre maison.

Cette journée est fortement associée au Brésil à Cosme et Damião, ainsi qu’aux distributions de bonbons et de friandises aux enfants.

Selon les régions et les traditions, les célébrations peuvent prendre différentes formes : giras, prières, chants, distributions de douceurs, repas rituels ou fêtes destinées aux enfants.

Cosme et Damião

Cosme et Damião appartiennent à l’origine à la tradition chrétienne.

Ils sont traditionnellement présentés comme deux frères médecins qui soignaient les personnes sans demander de paiement et furent ensuite vénérés comme saints et guérisseurs.

Ils sont considérés comme protecteurs des enfants et des jumeaux, ainsi que comme patrons des médecins et des pharmaciens.

Dans le calendrier catholique, leur fête est célébrée le 26 septembre.

Au Brésil, leur dévotion s’est profondément rapprochée des traditions afro-brésiliennes liées aux jumeaux, aux Enfants et à l’enfance sacrée. C’est dans ce contexte que le 27 septembre est devenu une date particulièrement importante dans l’Umbanda et dans la religiosité populaire brésilienne.

Doum

Dans certaines traditions afro-brésiliennes apparaît également un troisième enfant : Doum.

Il est souvent représenté auprès de Cosme et Damião et occupe une place importante dans certains chants, images et célébrations.

Doum est notamment considéré, dans certaines traditions, comme le protecteur des enfants jusqu’à l’âge de sept ans.

Plusieurs récits existent concernant son origine. Il est donc préférable de reconnaître sa place dans la tradition sans chercher à imposer une seule histoire comme universelle.

Ibeji : une distinction importante

Ibeji ne désigne pas simplement un Enfant de l’Umbanda.

Dans la tradition yoruba, Ibeji est lié aux jumeaux divins et appartient au domaine des divinités.

Au Brésil, les Ibejis ont été rapprochés de Cosme et Damião, notamment en raison de leur caractère gémellaire. Cette rencontre explique pourquoi les noms, les symboles, les couleurs, les aliments et certaines célébrations peuvent parfois se croiser.

Mais il reste important de distinguer les réalités :

Ibeji est une divinité ; l’Enfant ou Ibejada est un guide spirituel de l’Umbanda.

Les traditions se sont rencontrées et influencées, sans pour autant devenir exactement la même chose.

L’Erê dans le Candomblé

L’Erê du Candomblé ne doit pas non plus être automatiquement confondu avec l’Enfant de l’Umbanda.

Dans le Candomblé, l’Erê est profondément lié à l’initiation et à l’Orixá de la personne.

Dans notre transmission, l’Erê est la première manifestation reçue après l’Orixá à la suite de l’initiation. Il est considéré comme la forme infantile de l’Orixá pour lequel la personne a été initiée.

Son nom, son comportement et sa manière de se manifester sont donc liés au parcours initiatique et à l’Orixá de l’initié.

Selon les nations et les maisons, certaines explications peuvent varier, mais son rôle reste différent de celui des Enfants qui travaillent régulièrement dans les giras d’Umbanda.

Dans certaines traditions de Candomblé, l’Erê est salué par :

« Erê mi ! »

On retrouve également dans son univers des douceurs, des gâteaux et, selon les traditions, des préparations rituelles comme le caruru et d’autres aliments propres à la maison.

Une ligne qu’il ne faut pas sous-estimer

Les bonbons, les jouets, les rires et les plaisanteries peuvent donner l’impression d’une ligne essentiellement festive.

Ce serait pourtant passer à côté de l’essentiel.

Les Enfants peuvent conseiller, effectuer des passes, nettoyer certaines charges, rééquilibrer les médiums et transformer profondément l’atmosphère d’un travail.

Ils peuvent venir après une énergie particulièrement pesante et apporter une vibration complètement différente. Ils peuvent également travailler directement avec les personnes, indépendamment de tout travail précédent.

Ils savent rire et jouer, mais savent aussi être sérieux, directs et parfois étonnamment fermes lorsqu’une personne doit comprendre quelque chose.

Leur grande force réside peut-être justement dans cette capacité à retrouver la simplicité sans perdre la connaissance.

Ils rappellent que la spiritualité ne doit pas nécessairement être grave pour être profonde.

Les Enfants jouent, rient et apportent de la joie, mais derrière cette apparence enfantine se trouve un véritable travail de nettoyage, d’équilibre, de renouvellement et d’évolution spirituelle.

Oni Beijada !

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