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Les Malandros

Intelligence de la vie, débrouillardise et ouverture des chemins

Les Malandros sont des entités spirituelles présentes dans l’Umbanda, fortement liées à l’univers populaire brésilien, à la rue, aux relations humaines et à cette capacité particulière de comprendre rapidement les situations de la vie.

Ils sont souvent proches des préoccupations très concrètes des personnes : amour, travail, argent, choix difficiles, conflits, projets, erreurs commises ou chemins qui semblent bloqués.

Leur manière de travailler peut être joyeuse, détendue et pleine d’humour, mais derrière cette apparente légèreté se trouve généralement une grande capacité d’observation.

Les Malandros

Que signifie « Malandro » ?

En portugais brésilien, le mot malandro peut désigner un homme débrouillard, rusé, habile à se sortir de situations compliquées et connaissant bien les codes de la rue et de la vie populaire.

Selon le contexte, le mot peut aussi avoir un sens moins positif et désigner quelqu’un qui vit de combines ou cherche à contourner les règles.

Dans le domaine spirituel, cependant, le Malandro ne doit pas être réduit à l’image du voyou ou du délinquant.

Il représente plutôt celui qui connaît les pièges de la vie parce qu’il en comprend les mécanismes et qui peut utiliser cette expérience pour conseiller, protéger et aider les autres à trouver leur chemin.

La Malandragem

La malandragem peut être traduite approximativement par débrouillardise, finesse, ruse ou intelligence de situation.

Dans son sens spirituel, elle ne consiste pas à tromper les autres.

Elle représente la capacité à comprendre rapidement ce qui se passe, à éviter un piège, à contourner intelligemment un obstacle et à trouver une solution lorsque la voie directe semble fermée.

Le Malandro connaît les détours de la vie ; la Malandragem est l’intelligence qui lui permet de les parcourir sans s’y perdre.

Une parole proche de la vie quotidienne

Les Malandros sont souvent de très bons conseillers.

Ils peuvent parler simplement, employer des expressions populaires, de l’argot, des métaphores ou parfois des phrases qui semblent légères mais qui contiennent un enseignement plus profond.

Ils peuvent conseiller dans les relations affectives, les difficultés personnelles, les décisions importantes ou la réalisation d’un projet.

Leur travail ne consiste pas nécessairement à enlever tous les obstacles. Ils peuvent aussi montrer à une personne où elle se trompe, ce qu’elle doit changer et comment utiliser plus intelligemment les possibilités qui se présentent à elle.

La joie, l’humour et la confiance font également partie de leur manière de remettre une personne en mouvement.

Zé Pelintra

Zé Pelintra est certainement l’une des figures les plus connues de la Malandragem.

Il est également profondément lié à la Jurema et au Catimbó, traditions spirituelles du Nordeste brésilien, où il peut apparaître comme Mestre Juremeiro (Maître de la Jurema).

Sa présence dans l’Umbanda montre justement que les frontières entre certaines traditions spirituelles brésiliennes ne sont pas toujours complètement fermées.

Dans plusieurs maisons, Zé Pelintra occupe une place très importante et peut même être considéré comme une grande référence ou un chef de la ligne des Malandros. Cette organisation varie cependant selon les traditions.

Il existe de nombreux autres Malandros, avec leurs propres histoires et leurs propres fonctions : Zé Navalha, Zé Malandro, Zé da Madrugada, Zé Pretinho, Malandrinho, Capoeirinha, entre autres.

Tous les Malandros ne sont donc pas Zé Pelintra.

Les chemins et les portes

Une expression résume bien leur manière de travailler :

« Malandro que é malandro, caminha em qualquer lugar. »
(Un vrai Malandro sait marcher partout.)

Cette idée évoque la capacité à circuler entre différents milieux, à comprendre les personnes, à reconnaître les dangers et à trouver un passage là où d’autres ne voient qu’un obstacle.

La clé apparaît ainsi dans certaines traditions comme un symbole associé à Zé Pelintra : elle représente la possibilité d’ouvrir une porte, de trouver un passage et de continuer son chemin.

Leurs éléments de travail

Les éléments associés aux Malandros varient selon les guides et les maisons.

On peut rencontrer notamment la bengala (canne), la clé, la navalha (rasoir), les cartes, les dés, les dominos, le chapelet ou certains instruments rituels.

Certains utilisent également la cigarette et différentes boissons dans leur travail.

Ces éléments ne doivent pas être compris comme de simples habitudes de consommation : dans le contexte religieux, ils peuvent devenir des supports du travail spirituel.

Le blanc et le rouge sont particulièrement associés à de nombreuses représentations de Zé Pelintra, mais ils ne constituent pas nécessairement les couleurs de tous les Malandros.

Les relations avec les Orixás varient également selon les maisons et selon l’entité.

Une autre forme d’intelligence

La ligne des Malandros rappelle que l’évolution spirituelle ne passe pas uniquement par la gravité ou le silence.

L’expérience de la vie, l’humour, la capacité d’observer, de comprendre les autres et de reconnaître un piège peuvent également devenir des formes de connaissance.

Le Malandro peut conseiller, protéger, ouvrir des chemins et aider une personne à retrouver confiance dans sa capacité à agir.

Sa force réside souvent dans une idée très simple : la vie possède rarement un seul chemin, et lorsqu’une porte se ferme, il faut parfois avoir suffisamment d’intelligence et de souplesse pour en trouver une autre.

Saravá Zé Pelintra !
Salve a Malandragem !

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