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Objets du culte

Les quartinhas

L’eau, l’okutá et la continuité de l’axé

Dans l’Umbanda et le Candomblé, la quartinha est bien davantage qu’un simple récipient. Elle contient de l’eau et un okutá, également appelé otá, et accompagne la relation entre une personne, un Orixá ou une entité et le monde matériel.
Huit quartinhas fermées en terre cuite, céramique et porcelaine, comprenant des modèles blancs et colorés avec ou sans anses
Quartinhas en terre cuite, en céramique et en porcelaine, présentées dans différentes couleurs avec ou sans anses.

Dans l’Umbanda et le Candomblé, la quartinha est bien davantage qu’un simple récipient. Elle contient de l’eau et un okutá, également appelé otá, et accompagne la relation entre une personne, un Orixá ou une entité et le monde matériel.

Par l’eau qu’elle accueille et par la pierre consacrée qui s’y trouve, la quartinha devient un réceptacle de vie et d’axé. Elle exige une attention constante, car elle représente une force vivante qui ne peut être abandonnée ou laissée sans soin.

Les quartinhas peuvent être en terre cuite brute, en céramique émaillée, en faïence ou en porcelaine. Elles peuvent être blanches ou colorées, avec ou sans anses, très simples ou richement décorées. Leur valeur religieuse ne dépend toutefois ni de leur prix ni de leur apparence. Elle vient de leur destination, de leur consécration et du fondement auquel elles appartiennent.

Qu’est-ce qu’une quartinha ?

La quartinha est un récipient de petite taille, généralement composé d’un corps arrondi, d’un col plus étroit et d’un couvercle. Ses dimensions et sa forme varient selon sa fabrication, sa destination et la tradition dans laquelle elle est employée.

Dans un contexte religieux, elle devient un réceptacle sacré. Elle peut être associée à un Orixá, à une entité, à un médium, à un initié, à une firmeza, à un assentamento ou à un espace consacré.

Toutes les quartinhas ne possèdent donc pas la même fonction, même lorsqu’elles semblent extérieurement identiques. Leur couleur, leur matière, la présence ou l’absence d’anses et la force spirituelle à laquelle elles sont destinées peuvent modifier entièrement leur signification.

Une quartinha achetée dans un magasin reste un récipient ordinaire tant qu’elle n’a pas reçu de destination religieuse. Ses couleurs et ses décorations ne suffisent pas à la consacrer.

L’eau et l’okutá

La quartinha contient de l’eau et un okutá, aussi appelé otá. Cette pierre consacrée est toujours présente, que la quartinha soit destinée à un Orixá ou qu’elle soit liée personnellement à un médium ou à un initié.

L’okutá constitue l’assise principale de l’Orixá. Il ne s’agit pas d’une pierre décorative ou d’un simple symbole placé dans le récipient. Il devient le point matériel sur lequel l’axé de l’Orixá est fixé et entretenu.

L’eau représente la vie, la fraîcheur, l’apaisement, le renouvellement et la circulation de l’axé. Elle entoure l’okutá et maintient la continuité de la relation spirituelle portée par la quartinha.

Certaines traditions ajoutent d’autres éléments dans leurs quartinhas, mais cette pratique n’est pas universelle. Ces éléments se trouvent principalement dans l’igbá ou dans l’ensemble de l’assentamento. Certains matériaux pouvant se détériorer lorsqu’ils restent longtemps immergés, leur place et leur conservation doivent être déterminées par le fondement suivi.

Nous n’en donnerons ni la liste ni la méthode de préparation. Ces connaissances appartiennent à la transmission interne du culte et ne peuvent pas être reproduites correctement à partir d’une photographie ou d’une explication trouvée sur Internet.

La quartinha dans l’Umbanda

Toutes les branches de l’Umbanda n’utilisent pas nécessairement de quartinhas. Leur présence et leur fonction dépendent de l’orientation du terreiro, de son histoire et des enseignements transmis par ses responsables spirituels.

Lorsqu’elle est employée dans l’Umbanda, la quartinha peut constituer une firmeza associée à l’irradiation d’un Orixá, à une entité, à un guide spirituel ou au parcours personnel d’un médium. Elle soutient la continuité de cette relation et permet d’entretenir la force à laquelle elle a été destinée.

Dans certaines traditions, un médium peut posséder une quartinha liée à son Orixá de tête et une autre associée à son juntó. Cette organisation appartient à des courants particuliers et ne doit pas être transformée en règle applicable à toute l’Umbanda.

La quartinha d’Umbanda ne doit pas être confondue avec la feitura de santo ou avec les obligations initiatiques du Candomblé. Recevoir une quartinha ne donne ni charge, ni titre, ni autorité sacerdotale. Cela ne fait pas automatiquement de la personne un prêtre ou une prêtresse et ne provoque pas, à lui seul, le transe de l’Orixá.

Elle constitue un soutien spirituel et une responsabilité personnelle, non une reconnaissance hiérarchique.

La quartinha dans le Candomblé

Dans le Candomblé, les quartinhas sont associées aux Orixás, aux personnes initiées et aux assentamentos. Elles participent à la continuité du lien religieux et à l’entretien de l’axé.

Leur fonction exacte dépend de la nation, de la lignée, de l’Orixá et des enseignements transmis par les personnes responsables du culte. Il n’existe donc pas une préparation unique applicable à tous les terreiros.

Une quartinha ne doit jamais être reproduite ou placée uniquement à partir de ce qui a été observé ailleurs. Deux pièces de même couleur et de même forme peuvent être liées à des forces et à des personnes complètement différentes.

Quartinha, igbá et assentamento

La quartinha ne doit pas être confondue avec l’igbá ni avec l’ensemble de l’assentamento.

L’assentamento est un ensemble consacré dans lequel l’axé d’un Orixá est fixé et entretenu. L’igbá est le récipient principal qui entre dans sa constitution et accueille les éléments correspondant à son fondement.

Dans de nombreuses traditions, les igbás des Orixás féminins sont fréquemment en faïence ou en porcelaine. Cette préférence n’est cependant pas une obligation universelle.

La quartinha peut accompagner un assentamento et participer à son entretien, mais elle ne constitue pas à elle seule cet ensemble. Elle contient principalement l’eau et l’okutá, tandis que les autres éléments trouvent généralement leur place dans l’igbá ou dans l’ensemble de l’assentamento.

L’okutá est l’assise principale de l’Orixá. Il occupe une place centrale dans cette relation et porte son axé. Un article particulier permettra d’expliquer plus précisément sa signification, sans dévoiler sa sélection, sa préparation ou sa consécration.

Terre cuite, céramique et porcelaine

La terre cuite brute, appelée barro en portugais, demeure très présente. Sa porosité permet à une petite quantité d’eau de traverser progressivement la matière et de s’évaporer. On dit alors que la quartinha « transpire » ou « respire ».

Cette respiration de la terre cuite rappelle celle d’un être vivant. La diminution progressive de l’eau rend visible la nécessité de surveiller et d’entretenir régulièrement la quartinha.

La céramique émaillée, la faïence et la porcelaine sont moins poreuses. Elles retiennent davantage l’eau et offrent une surface plus facile à nettoyer. Elles sont aujourd’hui largement employées et leur utilisation n’enlève rien à la valeur spirituelle de la quartinha lorsqu’elle correspond à la tradition suivie.

La porcelaine est souvent associée aux Orixás féminins. Cette préférence concerne surtout l’igbá de leur assentamento et ne signifie pas que toutes leurs quartinhas doivent obligatoirement être en porcelaine.

Une simple quartinha en terre cuite, en céramique, en faïence ou en porcelaine peut parfaitement remplir sa fonction. La matière doit être adaptée à sa destination, mais une pièce coûteuse ou richement décorée ne possède pas automatiquement davantage de force.

Les quartinhas avec ou sans anses

Dans de nombreuses traditions, la quartinha destinée à une force masculine ne possède pas d’anses, tandis que celle qui correspond à une force féminine en possède généralement deux.

Cette distinction permet de reconnaître la destination générale du récipient, mais son application peut varier selon les lignées et la fonction de la quartinha. Elle ne doit donc pas être utilisée seule pour identifier un objet consacré dont on ne connaît pas l’origine.

La présence ou l’absence d’anses ne crée pas la fonction religieuse de la quartinha. Elle indique une destination lorsqu’elle est associée au fondement et aux enseignements de la tradition qui l’emploie.

Les couleurs et les décorations

Les quartinhas destinées aux Orixás reprennent généralement leurs couleurs traditionnelles. On trouve ainsi des modèles blancs, bleus, verts, jaunes, dorés, rouges, bruns, violets, noirs ou composés de plusieurs couleurs.

Ces correspondances doivent être interprétées avec prudence. Une même couleur peut être associée à différents Orixás selon sa nuance et la tradition suivie. Une quartinha bleue, par exemple, ne peut pas être automatiquement attribuée à Iemanjá ou à Ogum sans connaître son véritable fondement.

Les quartinhas liées personnellement aux initiés sont généralement blanches. Cette couleur les distingue des modèles colorés destinés aux différents Orixás et accompagne la continuité du parcours initiatique.

Il existe aujourd’hui de très belles quartinhas décorées de motifs, de couleurs et d’ornements propres aux Orixás. Ces créations peuvent faciliter leur identification et honorer leur présence, mais elles ne sont pas plus puissantes qu’un récipient sobre.

Une quartinha simple en terre cuite, en céramique ou en porcelaine peut parfaitement remplir sa fonction lorsqu’elle a été correctement destinée, consacrée et entretenue.

Ne jamais laisser sécher une quartinha

Une quartinha consacrée et en activité ne doit jamais être abandonnée jusqu’à devenir complètement sèche. Elle demande une attention régulière, le renouvellement de son eau et une surveillance consciente de son état.

Dans la compréhension traditionnelle, laisser sécher une quartinha revient symboliquement à assécher la vie qu’elle représente. Lorsqu’elle est liée à un initié, cette négligence peut être comprise comme un affaiblissement du soin accordé à sa propre vie et à sa relation avec son Orixá.

Cela ne signifie pas que la diminution naturelle de l’eau constitue un mauvais présage. Dans une quartinha en terre cuite, l’évaporation est normale et fait partie de la respiration du matériau. Cette propriété rend simplement l’attention et le renouvellement encore plus importants.

Prendre soin de l’eau, vérifier l’état du récipient et empêcher qu’il ne reste vide ou abandonné sont des gestes de responsabilité envers la force sacrée à laquelle il est destiné.

L’utilisation de l’eau

L’eau d’une quartinha consacrée appartient à la relation spirituelle pour laquelle le récipient a été préparé. Elle ne doit pas être considérée comme une eau ordinaire ni être utilisée sans connaître sa destination.

Lorsqu’elle est renouvelée et que le fondement l’autorise, elle peut être employée dans un acte rituel, une purification ou un Omi Tútú. Elle porte alors la relation et l’axé de la quartinha dont elle provient.

L’eau de différentes quartinhas ne doit pas être considérée comme automatiquement interchangeable. Son utilisation dépend de l’Orixá, de l’entité ou de la personne à laquelle la quartinha est liée et de l’orientation donnée par une personne habilitée.

La quartinha personnelle de l’initié

Au cours du cycle initiatique, traditionnellement marqué par l’obligation de sept ans, une quartinha personnelle est réservée à l’initié. Elle accompagne son évolution, ses obligations et l’approfondissement de sa relation avec son Orixá.

Cette quartinha est généralement blanche. Elle contient de l’eau et l’okutá qui constitue l’assise principale de son Orixá. Elle est étroitement liée à la personne et ne doit pas être manipulée comme un objet collectif ni passer librement de main en main.

La tradition enseigne que l’âme ou une part de l’essence spirituelle de l’initié est également liée à cette quartinha. Elle l’accompagne donc durant toute sa vie religieuse et demeure un élément personnel particulièrement important.

La quartinha ne lui est confiée qu’au terme de son cycle initiatique. Elle devient alors l’une des forces personnelles qui l’accompagneront dans la suite de son chemin religieux.

Ouvrir un terreiro ou conserver sa quartinha sur un piji

À la fin du cycle initiatique, une personne ayant reçu l’autorité, accompli ses obligations et acquis les connaissances nécessaires peut éventuellement ouvrir et soutenir son propre terreiro. Sa quartinha personnelle fait partie des forces qui l’accompagnent dans cette responsabilité.

La possession de cette quartinha ne suffit toutefois pas, à elle seule, à donner l’autorité d’ouvrir un lieu de culte. Cette responsabilité dépend également de la transmission reçue, de la maturité religieuse et de la reconnaissance de ceux qui ont accompagné l’initiation.

Tous les initiés n’ouvrent pas un terreiro et tous ne souhaitent pas devenir dirigeants. La quartinha peut alors être conservée sur un piji personnel.

Le piji est un espace intime consacré à la prière, au recueillement et à la relation avec les forces spirituelles. Il peut accueillir des représentations et différents objets personnels, parmi lesquels la quartinha de l’initié. Il demeure un espace privé et ne constitue pas pour autant un lieu de culte collectif.

Les quartinhas de la tronqueira

La tronqueira, espace consacré à Exu et à Pombagira, possède également ses propres quartinhas. Celles-ci participent à la fermeté, à la protection et à l’équilibre spirituel de cet espace.

Elles peuvent être en terre cuite ou présenter les couleurs rouge et noire. Dans l’usage traditionnel, la quartinha destinée à Exu ne possède pas d’anses, tandis que celle de Pombagira en possède généralement deux.

Comme pour les autres quartinhas, leur couleur et leur forme ne suffisent pas à leur donner une fonction religieuse. Elles doivent être destinées, consacrées et entretenues par une personne autorisée.

Leur emplacement exact et les soins rituels qui leur sont accordés appartiennent aux fondements internes du culte et n’ont pas à être exposés publiquement.

Un objet personnel qui exige de la responsabilité

Parce qu’elle peut être liée à une personne, à un Orixá, à une entité ou à un espace consacré, une quartinha ne doit pas être touchée, déplacée, ouverte ou utilisée sans autorisation.

Son entretien matériel est également indispensable. Elle doit rester propre, protégée et régulièrement surveillée. Une fissure, un couvercle mal ajusté, la présence d’insectes ou une dégradation de l’eau ne doivent pas être ignorés.

L’attention accordée à la quartinha ne doit pas devenir un geste automatique. Chaque renouvellement rappelle la relation spirituelle dont elle est le support et la responsabilité de maintenir cette relation vivante.

Ces précautions n’exigent pas de révéler les fondements internes. Elles relèvent simplement du respect accordé à un objet consacré et à la force qu’il représente.

La simplicité au service du sacré

La quartinha enseigne que la force d’un objet religieux ne se mesure ni à son prix ni à l’abondance de ses décorations. Un simple récipient de terre cuite peut porter une signification plus profonde qu’une pièce luxueuse lorsqu’il est accompagné du fondement, de l’autorité et du soin nécessaires.

Par l’eau qu’elle contient, elle représente la vie, le renouvellement et la circulation de l’axé. Par l’okutá, elle accueille l’assise principale de l’Orixá. Lorsqu’elle est liée à un initié, elle accompagne son âme, son histoire et sa relation avec cette force durant toute sa vie.

La quartinha rappelle surtout une responsabilité : la vie et l’axé doivent être entretenus. Prendre soin d’une quartinha, c’est prendre soin de la relation spirituelle qu’elle représente et respecter la force sacrée à laquelle elle a été destinée.

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