Graines, fruits et transmission des savoirs rituels.
Comprendre la place des graines et des fruits dans le culte
Dans le Candomblé et en Umbanda, les végétaux accompagnent de nombreux moments de la vie religieuse. Les feuilles, les graines, les fruits, les écorces et les racines prennent place dans les relations entretenues entre les Orixás, les êtres humains et la nature. Leur choix s’inscrit dans un ensemble de connaissances transmis au sein des maisons.
Parmi ces matières, certaines sont désignées par le mot portugais favas. Elles peuvent intervenir dans les assentamentos, les offrandes, les obligations et différentes préparations rituelles. Leur présence participe, selon leur destination, à la protection, au renouvellement de l’axé et à la continuité de la relation avec le sacré.
Leurs noms et leurs associations varient selon les traditions, les régions et les fournisseurs. Pour les comprendre, il faut considérer à la fois le nom employé, la plante dont elles proviennent et la partie réellement utilisée. Une même appellation peut désigner plusieurs matières, tandis qu’une même graine peut recevoir différents noms.
Que désigne le mot fava ?
Dans son emploi courant, le mot fava peut désigner une fève ou certains haricots. Dans le vocabulaire religieux afro-brésilien, il possède un sens plus large. Il peut s’appliquer à une graine, à un fruit sec entier ou à une matière végétale connue sous un nom rituel.
Toutes les favas ne sont donc pas des graines de légumineuses. L’andiroba appartient aux Méliacées, l’ataré aux Zingibéracées et l’obi aux Malvacées. L’aridan, quant à lui, est généralement employé sous la forme d’un fruit contenant plusieurs graines.
Il faut également distinguer la plante de ses différentes parties. Une graine peut entrer dans un assentamento, tandis que les feuilles de la même plante sont destinées à un bain. L’usage d’une partie ne permet pas de déduire celui de toutes les autres.
Matière
Quelques exemples
Graines
Andiroba, arachide, ataré, obi, orobô
Fruits entiers ou enveloppes de fruits
Aridan, garra de Exu, vanille
Organes souterrains
Dandá da costa
Bulbilles aériens
Cará moela
Ces distinctions permettent de comprendre les matières rencontrées dans les répertoires religieux sans les réunir artificiellement sous une seule définition botanique.
La graine et la continuité de la vie
La graine porte la possibilité d’une nouvelle plante. Dans les représentations religieuses, elle peut ainsi évoquer la naissance, la fécondité, l’ancestralité et la continuité de la vie.
Les favas prennent place dans cette relation entre la terre, les forces de la nature et le renouvellement de l’axé. Leur emploi peut accompagner l’établissement d’une assise consacrée, la protection d’un lieu ou le parcours religieux d’une personne.
Certaines sont conservées entières ; d’autres interviennent dans des préparations en poudre. Leur destination dépend de la matière choisie et des enseignements reçus. Toutes les poudres sacrées ne sont cependant pas des poudres de favas : l’atín, la pemba et l’efun ne doivent pas être considérés comme des matières identiques.
Des associations qui suivent la transmission
Une fava peut être associée à un Orixá sans lui être exclusivement réservée. Certaines matières apparaissent dans plusieurs cultes, avec des destinations différentes.
Les noms « fava de Oxum », « fava de Ogum » ou « fava de Nanã » expriment une association religieuse ou une dénomination de commerce. Ils ne constituent pas des noms d’espèces. Plusieurs produits peuvent être proposés sous une même appellation.
Les usages du Candomblé doivent également être distingués de ceux de l’Umbanda et du culte d’Ifá. Des matières circulent entre ces traditions, mais leur présence commune n’efface pas les différences de transmission. Exu Orixá et les guides appelés Exus en Umbanda appartiennent notamment à des cadres religieux qu’il convient de reconnaître.
Le répertoire suivant est donc organisé par nom de graine ou de matière. Les associations aux Orixás viennent compléter leur présentation.
Des matières rituelles qui ne sont pas des aliments
Les favas vendues comme articles rituels ne sont pas destinées à l’alimentation. Certaines graines sont vénéneuses et peuvent provoquer des intoxications graves. Leur emploi religieux ne garantit pas leur innocuité.
Le mot fava, leur apparence ou leur association à un Orixá ne permettent pas de savoir si une matière peut être consommée. Certaines espèces présentes dans ce répertoire ont aussi des usages alimentaires, comme l’arachide ; cela ne rend pas comestibles les autres favas, ni les lots vendus pour un usage rituel.
Un même nom populaire peut également désigner plusieurs plantes. C’est le cas d’olho de cabra, qui peut notamment s’appliquer à Abrus precatorius, une plante dont les graines contiennent une substance très toxique. Une ressemblance avec une graine connue ne suffit donc pas à établir son identité ou son innocuité.
Une matière non identifiée ou vendue comme article rituel ne doit pas être goûtée, mâchée, avalée ni préparée comme une boisson. Un bain ou un amaci ne se boit pas. Les emplois présentés ci-dessous décrivent des fonctions religieuses ; ils ne constituent ni des recettes à reproduire ni des recommandations de soins.
Comment les favas sont-elles employées ?
Les favas peuvent être conservées entières ou entrer dans des préparations adaptées à leur destination. Leur rôle dépend de la matière choisie, de l’Orixá concerné et de la transmission de la maison. Une indication telle que « utilisée dans les bains » ne signifie pas que toutes les graines portant ce nom conviennent à cet emploi.
Les assentamentos
Un assentamento est un ensemble consacré qui établit une assise durable dans la relation avec un Orixá. Certaines favas entrent parmi ses éléments et participent, dans la compréhension religieuse de la maison, à l’établissement et à l’entretien de l’axé.
La graine prend son sens dans cet ensemble et dans sa consécration. La présence de plusieurs favas dans un récipient ne suffit pas à constituer un assentamento. L’aridan, l’andiroba et les graines d’hévéa figurent parmi les matières citées pour de tels emplois dans les descriptions réunies ici.
Les bains
Les bains rituels, ou banhos, peuvent accompagner la purification, la protection, l’apaisement ou la préparation à un moment de la vie religieuse. Certaines descriptions mentionnent des favas ou des parties de leurs fruits dans ces préparations.
Il faut distinguer ces emplois de ceux qui concernent uniquement les feuilles de la même plante. Une graine utilisée dans un assentamento n’est pas, pour cette seule raison, destinée à un bain. La matière employée et sa préparation relèvent des connaissances transmises dans la maison.
L’amaci
Le terme amaci est particulièrement employé en Umbanda pour une préparation végétale et le rite auquel elle participe, notamment le lavage rituel de la tête. Il accompagne, selon les maisons, la relation du médium à son Orixá et son développement religieux.
Certaines sources umbandistes mentionnent des favas dans des amacis. Cette indication décrit un emploi situé ; elle ne signifie pas que toute préparation végétale du Candomblé porte ce nom. L’àgbo, également écrit abô, appartient à un autre vocabulaire rituel, dont la composition et les destinations suivent la transmission concernée.
Les offrandes
Une offrande établit ou entretient une relation avec l’Orixá auquel elle est destinée. Selon le contexte, elle peut exprimer une reconnaissance, accompagner une demande ou prendre place dans une obligation religieuse.
Certaines favas sont présentées entières ou interviennent dans un ensemble d’éléments offerts. Leur destination dépend de la matière et de l’Orixá. La présence d’une graine dans une offrande ne signifie pas qu’elle constitue un aliment destiné à la consommation humaine.
Les patuás
Un patuá est une amulette ou un petit objet préparé pour une destination spirituelle, souvent porté sur soi. Dans certaines pratiques, notamment décrites en Umbanda, une fava peut entrer parmi les éléments qui le composent.
Elle participe alors au sens protecteur ou à l’intention donnée à l’objet. Sa fonction dépend de la préparation et de la transmission reçue ; elle ne se déduit pas de la seule présence d’une graine dans un sachet.
Les poudres, ou pó
Le mot portugais pó signifie « poudre ». Certaines favas sont décrites sous cette forme dans des préparations destinées à la protection, à la purification ou au soutien d’un travail rituel. Des sources mentionnent leur emploi avec une offrande ou leur dispersion rituelle dans un lieu.
La forme en poudre ne rend pas une matière inoffensive. Les poudres de favas ne doivent pas être assimilées à toutes les poudres sacrées : atín, efun et pemba possèdent leurs propres compositions et destinations selon les traditions. Leur emploi ne peut pas être déduit d’une simple liste de graines.
Les graines et les fruits
Açoita cavalo
Obará
L’açoita cavalo est présenté dans certains répertoires sous le nom de fava de Obará. Les variantes ivitinga, ubatinga et mutamba preta lui sont également associées.
L’identification proposée est Luehea grandiflora, un arbre de la famille des Malvacées. La matière décrite est son fruit. Les noms populaires pouvant être partagés par plusieurs arbres, l’identité d’un produit vendu sous cette appellation demande toutefois confirmation.
Son emploi est rapporté dans des travaux de prospérité liés à Obará, un odù du système d’Ifá. Obará ne désigne donc pas ici un Orixá supplémentaire.
L’andiroba porte aussi les noms iandiroba, iandirova, nandiroba et carapa. Elle est appelée fava de Oxum dans certaines descriptions religieuses.
Ses graines sont volumineuses, brunes et anguleuses. Elles proviennent d’arbres du genre Carapa, dans la famille des Méliacées. Carapa guianensis et Carapa procera sont deux espèces distinctes : leur présence dans les répertoires ne permet pas de les traiter comme de simples synonymes.
Les graines d’andiroba sont mentionnées dans des assentamentos d’Oxum et, chez certains pratiquants, parmi les éléments accompagnant la consultation des cauris. Les bains et les sacudimentos également décrits pour cette plante concernent ses feuilles.
La graine, l’huile qui en est extraite et les feuilles constituent donc trois matières à distinguer.
Anis étoilé
L’anis étoilé, ou aniz estrelado, correspond habituellement à Illicium verum. La matière reconnaissable à sa forme d’étoile est un fruit composé de plusieurs parties contenant les graines.
Son emploi dans des bains apparaît notamment dans des descriptions d’Umbanda. Cette présence ne suffit pas à lui attribuer une place identique dans toutes les traditions du Candomblé.
Il figure dans certains répertoires de matières rituelles, mais ne doit pas être assimilé à une graine de légumineuse.
Arachide
Arachide — fruits en coque d’Arachis hypogaeaRoger Culos / Muséum de Toulouse · CC BY-SA 4.0 · Source
L’arachide est connue au Brésil sous le nom amendoim, ainsi que sous les variantes jinguba et mancarra. Le nom yoruba èpà apparaît également dans le vocabulaire religieux.
L’arachide cultivée correspond à Arachis hypogaea, de la famille des Fabacées. Ses graines se développent dans des gousses souterraines.
Des répertoires rapportent son emploi dans des offrandes à Oxumaré, ainsi que sous forme de poudre pour Oxum. Ils mentionnent également des usages liés à Oxóssi et aux Ìyàmi. Ces associations, comme les restrictions alimentaires qui peuvent les accompagner, doivent être comprises dans la tradition concernée.
L’arachide appartient aux graines alimentaires employées religieusement. Cette qualité alimentaire ne s’étend pas à toutes les matières vendues comme favas.
Aridan
Aridan
L’aridan, également écrit aridã ou Àrìdan, est l’une des matières les plus fréquemment citées parmi les favas du Candomblé. Les variantes Alidan, Kiaka, Angulu et Munyegenye apparaissent aussi dans certaines descriptions.
Il provient de Tetrapleura tetraptera, un arbre africain de la famille des Fabacées. Le produit est une gousse brun foncé, allongée, parcourue de quatre ailes ou côtes longitudinales. Elle contient plusieurs graines dures.
L’aridan est particulièrement associé à Ossaim. Son emploi est aussi rapporté dans des assentamentos d’Exu, Ogum, Omolu, Oxum et Xangô, notamment Xangô Baru dans certaines descriptions.
Il intervient dans des préparations d’initiation, l’àgbo ou abô, des poudres protectrices et des ensembles consacrés. Des témoignages mentionnent également sa présence à l’entrée d’un lieu.
Son importance est largement soulignée, mais les affirmations selon lesquelles toutes les nations l’utiliseraient exactement de la même manière dépassent ce que permettent d’établir les descriptions disponibles.
Ataré
Ataré
L’ataré, également transcrit ataare ou átáaré, est connu sous le nom pimenta da costa, la « pimenta de la Côte ». Il correspond aux graines d’Aframomum melegueta, de la famille des Zingibéracées.
Ces petites graines brun rougeâtre sont contenues dans une capsule. Le fruit entier et les graines isolées peuvent donc se rencontrer sous une même appellation commerciale.
L’ataré est associé notamment à Ossaim et Exu. Sa présence est rapportée dans le borí, certains assentamentos, des ebós, des poudres et la sassanha. Il accompagne aussi, dans des descriptions de pratiques sacerdotales, la parole adressée aux Orixás.
Il doit être distingué des piments du genre Capsicum, du bejerekun et du lelekun.
Ayò
Oxóssi
L’ayò, ou Àyò, est également appelé olho de gato, ariós ou fava da vidência dans certains répertoires.
L’identification généralement proposée est Guilandina bonduc, anciennement nommé Caesalpinia bonduc, dans la famille des Fabacées. Ses graines sont arrondies, très dures et généralement grisâtres. Elles proviennent de fruits épineux.
L’ayò est associé à Exu et Orunmilá dans des descriptions de consultation. La graine peut y accompagner un petit galet dans un ensemble appelé amarração de ibô.
D’autres répertoires présentent des graines semblables sous le nom d’Oxóssi. Ces variations invitent à distinguer l’identité botanique de la graine et les différentes destinations religieuses qui lui sont attribuées. Les noms Ario et Ariá ne peuvent pas être considérés automatiquement comme ses synonymes.
Bejerekun
Bejerecun
Le bejerekun se rencontre sous plusieurs graphies : bejerecum, bejerecun et begerecum. Les noms pimenta de macaco, canela de macaco et erva biriba lui sont également associés.
Les descriptions le rattachent à des plantes du genre Xylopia, dans la famille des Annonacées. Xylopia aromatica est cité dans des répertoires brésiliens. L’espèce africaine Xylopia aethiopica est distincte et ne doit pas être présentée comme son synonyme.
La matière peut comprendre les fruits ou leurs graines. L’identité exacte dépend donc du produit et de sa provenance.
Le bejerekun est associé notamment à Ossaim et Ogum. Son emploi est rapporté dans l’àgbo, l’initiation, certains assentamentos, l’établissement de l’axé du terreiro et des poudres rituelles.
Canavalia — fève blanche dite d’Oxalá
Fava de Oxalá
La fava de Oxalá blanche présentée dans les photographies de référence est compatible avec Canavalia ensiformis, une Fabacée appelée notamment feijão-de-porco au Brésil. Ses graines blanches portent un hile allongé bordé de brun.
Une enquête ethnobotanique à Miguel Pereira, dans l’État de Rio de Janeiro, recense cette espèce sous le nom fava-de-Oxalá. Cette attestation appuie la correspondance du nom ; elle ne constitue pas une détermination de chaque lot vendu dans le commerce. Pour la matière photographiée, l’identification reste proposée, à confirmer sur un échantillon ou par sa provenance.
Cette fève est distincte du lelekun, dont les identifications sont contradictoires dans les documents étudiés.
Coton et graines de cotonnier
Le coton, appelé algodão, fournit plusieurs matières utilisées religieusement : les feuilles, les graines, le fruit et la fibre qui entoure les graines.
Gossypium barbadense, de la famille des Malvacées, figure parmi les cotonniers cités. Le nom courant ne permet cependant pas de déterminer à lui seul l’espèce.
Les graines doivent être distinguées de la fibre de coton et du fruit qui les contient. La fibre et le fruit sont associés à Oxalá dans les documents réunis.
La fibre de coton qui enveloppe un objet rituel ne constitue donc pas elle-même une fava.
Cumaru et fève tonka
Fava de Tonca
La fève tonka, également appelée fava tonca, provient habituellement de Dipteryx odorata, un arbre de la famille des Fabacées. Sa graine sèche est allongée et aromatique. Le nom cumaru lui est couramment associé.
Ce dernier nom peut toutefois désigner aussi Amburana cearensis, une autre espèce. Il ne suffit donc pas à reconnaître la matière.
La tonka est mentionnée sous forme de poudre dans des fumigations ou dans des emplois protecteurs concernant un lieu. Les descriptions consultées ne lui attribuent pas un Orixá précis.
La présence séparée de « fava tonca » et de « fava cumaru » dans une liste ne prouve ni qu’il s’agit toujours de deux espèces, ni que tous les produits portant ces noms sont identiques.
Enterolobium — fruit en forme d’oreille
Fava de Obá
Les photographies de référence signalées sous le nom fava de Obá montrent des fruits sombres, aplatis et fortement recourbés en forme d’oreille. Leur aspect suggère le genre Enterolobium, dans la famille des Fabacées.
Enterolobium contortisiliquum, connu notamment comme tamboril, timbaúva ou orelha-de-macaco, constitue une piste d’identification. Plusieurs espèces voisines possèdent toutefois des fruits comparables : l’espèce ne peut pas être arrêtée sur cette photographie seule.
La matière représentée est un fruit entier contenant plusieurs graines, et non une graine unique. Son association à Obá est conservée comme indication rituelle de la référence transmise ; elle ne permet pas d’identifier tous les produits portant le nom de cet Orixá.
Fève commune
Fava de Iansã / Oyá
La fève commune, Vicia faba, appartient à la famille des Fabacées. Ses graines peuvent être larges et aplaties, avec des teintes allant du brun au rougeâtre ou au vert selon les variétés et leur état.
Les fèves brunes illustrées sous le nom fava de Iansã présentent l’aspect de la fève commune. L’appellation rituelle couvre toutefois d’autres présentations selon les maisons.
Guapuruvu
Le guapuruvu est présenté sous le nom de fava divina dans certaines descriptions. Il correspond à Schizolobium parahyba, de la famille des Fabacées.
Son fruit aplati renferme une graine elliptique, dure et brillante, accompagnée d’une enveloppe papyracée.
Une association à Oxum est rapportée, tandis que d’autres catalogues emploient l’appellation « Orumilá ou divina ». Ces dénominations ne permettent pas de fixer une correspondance religieuse unique.
La graine apparaît également dans des traditions populaires relatives à la dentition des enfants. Cette mention décrit une pratique culturelle ; elle ne constitue pas une indication de soin.
Hévéa
Obaluayê
L’hévéa, appelé seringueira ou árvore da borracha, fournit une graine présentée dans certains répertoires comme fava de Omolu.
L’espèce proposée est Hevea brasiliensis, de la famille des Euphorbiacées. Son fruit est une capsule trilobée contenant des graines dont l’aspect peut être marbré.
Ces graines sont mentionnées dans des travaux rituels et des assentamentos d’Omolu. Des catalogues présentent également une matière semblable sous le nom d’Obaluaiyé.
Toutes les favas commercialisées sous les noms d’Omolu ou d’Obaluaiyé ne peuvent cependant pas être identifiées comme de l’hévéa sur la seule base de leur appellation.
Ikin et noix de palmier à huile
Coco de dendê
Les ikin appartiennent au contexte du culte et de la divination d’Ifá, en relation avec Orunmilá.
Ils proviennent du palmier à huile africain, Elaeis guineensis, de la famille des Arécacées. Il faut distinguer la pulpe du fruit, sa coque dure, la graine intérieure et les noix sélectionnées puis consacrées pour leur destination religieuse.
Le nom coco de dendê peut désigner le fruit du même palmier, mais une noix de commerce n’est pas, de ce seul fait, un ikin consacré.
L’huile de dendê et le màrìwò provenant des feuilles constituent encore d’autres matières issues de cette plante, avec leurs fonctions propres.
Imburana
Imburana
Les noms imburana, umburana, amburana et imburana de cheiro sont associés notamment à Amburana cearensis, de la famille des Fabacées.
L’espèce est également appelée cumaru dans certains usages vernaculaires, ce qui explique une partie des confusions avec la tonka.
Un produit apparaît sous le nom Imburana dans des catalogues de favas, mais son identification botanique et sa destination religieuse ne sont pas suffisamment précisées. Il n’est donc pas possible de lui attribuer ici un Orixá ou une préparation déterminés.
Jatobá
Jatobá
Le nom jatobá se rapporte à des arbres du genre Hymenaea, notamment Hymenaea courbaril, dans la famille des Fabacées.
Le fruit possède une enveloppe très dure et contient une pulpe sèche entourant les graines brunes. Selon les produits, l’appellation peut concerner le fruit ou les graines isolées.
La fava de jatobá figure dans des listes de matières religieuses. Les descriptions disponibles ne permettent toutefois pas de fixer une association à un Orixá ni un usage précis commun aux différentes maisons.
Jucá
Jucá
Le jucá, également connu sous le nom pau ferro, est généralement rapproché de Libidibia ferrea, anciennement nommé Caesalpinia ferrea, dans la famille des Fabacées.
Il apparaît parmi les produits présentés comme favas. La légende d’un catalogue ne suffit cependant pas à déterminer le fruit représenté.
Son identité matérielle et son usage religieux demandent donc à être précisés avant de lui attribuer une correspondance particulière.
Karité
Le karité provient de Vitellaria paradoxa, un arbre africain de la famille des Sapotacées.
La graine, son amande et le beurre obtenu à partir de celle-ci sont des matières différentes. Les emplois de la banha de ori ne peuvent pas être transférés automatiquement à une « fava de karité ».
Cette dernière appellation figure dans des listes religieuses, sans description assez précise pour établir l’usage de la graine entière ou son association à un Orixá déterminé.
Lelekun
Lelecum
Le lelekun est aussi écrit lelecum, lelecun ou lelekum. Son identification botanique demeure incertaine.
Des descriptions réunissent sous ce nom Aframomum melegueta et des espèces du genre Uapaca. Ces plantes appartiennent à des familles différentes et ne constituent pas des synonymes.
Le lelekun est associé à Obatalá ou Oxalá dans certaines descriptions. D’autres lui attribuent des relations avec Omolu et Oxóssi. Des bains et des emplois liés à la réussite ou à l’intelligence sont également mentionnés.
Ces correspondances ne permettent pas de déterminer la matière ni de confondre le lelekun avec l’ataré.
Muscade
La noix de muscade, ou noz moscada, correspond habituellement à Myristica fragrans, de la famille des Myristicacées.
La matière aromatique est la graine ; le macis correspond à l’arille qui l’entoure.
La muscade figure dans certaines listes de favas, sans association religieuse suffisamment précisée. Elle doit être distinguée du puxuri, parfois comparé à une muscade amazonienne en raison de son caractère aromatique.
Obi
Obi
L’obi, également écrit obí ou obì, est une noix de kola. Cola acuminata, de la famille des Malvacées, est documenté dans les usages du Candomblé.
Il se présente comme une graine charnue, de teinte claire, rose ou rougeâtre, contenue dans le fruit du kolatier. Les appellations obi abatá et obi banjá appartiennent au vocabulaire religieux et demandent à être comprises dans leur contexte.
L’obi occupe une place dans les offrandes, les rites liés à Ori et certaines consultations divinatoires. Il participe à la relation et au dialogue rituel avec les divinités.
Le nom général de noix de kola ne garantit pas que tous les produits proviennent de la même espèce.
Olho de boi
Olho de boi
L’olho de boi est également appelé mucunã ou mucuna. Ce nom peut désigner les graines de plusieurs espèces du genre Mucuna, dans la famille des Fabacées.
Les graines sont généralement grandes, dures et arrondies, avec une zone hilaire caractéristique. Mucuna sloanei et Mucuna urens comptent parmi les espèces associées à ce nom, selon les régions.
Des usages en amulettes sont rapportés, notamment dans des contextes d’Umbanda. Ils doivent être distingués des usages artisanaux et protecteurs rencontrés dans d’autres traditions.
Le nom bucho de boi ne peut pas être considéré automatiquement comme son synonyme.
Olho de cabra
Olho de cabra
L’olho de cabra, également appelé dans certains contextes olho de Exu, désigne souvent une graine rouge et noire.
Cette apparence se rencontre chez différentes plantes. Le nom peut notamment se rapporter à Ormosia arborea, mais aussi à Abrus precatorius dans d’autres usages vernaculaires. Ces espèces sont distinctes et la couleur seule ne suffit pas à les reconnaître.
Des emplois protecteurs sont associés à Exu et Pombagira dans des descriptions umbandistes. Ils ne permettent pas de déterminer quelle espèce est concernée.
L’identification exacte est ici particulièrement importante, certaines graines portant ces noms étant toxiques.
Orobô
Orobô
L’orobô, également écrit orogbo ou òrógbó, correspond à Garcinia kola, de la famille des Clusiacées.
Malgré son nom, il n’appartient pas au genre Cola. Ses graines allongées possèdent une enveloppe brune et constituent une matière distincte de l’obi.
L’orobô est particulièrement associé à Xangô. Son emploi est également documenté dans des offrandes, l’initiation et certaines consultations rituelles.
Le choix de l’obi ou de l’orobô dépend de la destination religieuse et des enseignements de la maison.
Pinha de Oxóssi
Pinha de Oxóssi
La pinha de Oxóssi est le nom donné dans le catalogue Favas de Axé à cette matière ovoïde, rouge brun, dont la surface est formée d’écailles imbriquées. Elle y figure parmi les favas associées à Oxóssi.
Puxuri
Pichuri
Le puxuri porte de nombreuses variantes : pixuri, pixurim, pixurin, pichuri, puchuri et fava de puxuri. Sa poudre peut être vendue sous le nom pixurim pó.
Cette graine aromatique appartient aux Lauracées. Elle est décrite dans des références brésiliennes sous le nom Licaria puchury-major. Le référentiel botanique de Kew traite actuellement ce nom comme synonyme d’Aniba puchury-minor.
Le puxuri apparaît entier ou en poudre dans les catalogues religieux. Les descriptions disponibles ne permettent pas de lui attribuer ici un Orixá précis.
Son caractère aromatique explique sa comparaison avec la muscade, mais les deux matières proviennent de familles botaniques différentes.
Sucupira
Fava sucupira
Le nom sucupira peut se rapporter à plusieurs arbres. Pterodon emarginatus, de la famille des Fabacées, figure parmi les espèces auxquelles il est associé.
Les produits vendus comme « graines de sucupira » peuvent comprendre le fruit sec et sa graine, ce qui demande une description attentive de la matière.
La fava sucupira apparaît dans des catalogues religieux, sans précision suffisante pour fixer son identité et sa destination rituelle.
D’autres matières parfois réunies avec les favas
Cará moela
Le cará moela, également appelé cará do ar et Akan dans certaines descriptions, est rapproché de Dioscorea bulbifera.
La matière décrite est un bulbille aérien, développé sur la plante. Il ne s’agit pas d’une graine.
Son emploi est rapporté dans une préparation d’atín liée à Oxalá, avec une intention de bonne fortune.
Dandá da costa
Le dandá da costa est associé à des plantes appelées tiririca ou junça, notamment Cyperus esculentus, de la famille des Cypéracées.
La matière employée est un organe souterrain tubérisé. Le dandá n’est donc pas une graine.
Il est associé notamment à Exu, Ogum, Oxóssi et Ossaim. Des emplois en fumigation, en poudre, en amulette et dans la sacralisation d’assentamentos sont rapportés. Les feuilles de la plante peuvent également intervenir dans l’àgbo, avec une destination distincte.
Garra de Exu
Garra de Exu
La garra de Exu, également appelée garra do diabo ou unha de Exu, est identifiée dans certaines descriptions comme le fruit de Martynia annua, de la famille des Martyniacées.
Le fruit sec porte des prolongements crochus qui expliquent son nom de « griffe ». Il ne s’agit pas d’une graine unique ayant cette forme.
Des emplois liés à Exu, notamment dans des poudres et des ensembles rituels, sont mentionnés. Le nom courant « griffe du diable » pouvant désigner ailleurs d’autres plantes, l’identification doit rester attachée à la matière effectivement utilisée.
Opelé
Opelé
Le nom opelé, ou ọ̀pẹ̀lẹ̀, peut désigner un instrument de divination d’Ifá et, dans des catalogues, les éléments végétaux qui entrent dans sa constitution.
Les fragments présentés sous ce nom peuvent être des parties de coques ou de fruits. Leur espèce n’est pas toujours indiquée.
L’opelé doit être distingué des ikin. Leur appartenance au même univers divinatoire ne les rend pas interchangeables.
Vanille
La vanille, appelée baunilha, apparaît également sous les noms baunilha de Nicuri, baunilha da Bahia et Àbàrà Òké dans certaines descriptions.
Vanilla planifolia, de la famille des Orchidacées, est l’une des espèces citées. Les appellations locales pouvant couvrir d’autres vanilliers, elles ne garantissent pas toutes cette identification.
La « gousse » de vanille est botaniquement une capsule contenant de très nombreuses graines minuscules.
Des emplois des feuilles et du fruit sont rapportés dans l’initiation, les bains et la sacralisation d’objets, avec des associations à Ossaim et Euá selon les descriptions.
Les favas associées aux Orixás
Ce tableau permet de retrouver les favas depuis le nom d’un Orixá. Il complète les notices classées par graine ou matière végétale. Les correspondances varient selon les nations, les maisons et les transmissions : une même matière peut être associée à plusieurs divinités.
Les photographies reprennent les images et les appellations des documents fournis.
Orixá
Favas, graines et fruits cités
Présentation
Photographies
Exu
Fava de Exu ; ataré ; ayò ; aridan ; garra de Exu ; olho de cabra ; dedo de Exu.
La fava d’Exu du catalogue présente une surface fibreuse. La garra de Exu, l’olho de cabra et les éléments noirs allongés appelés dedo de Exu figurent séparément.
Exu
Garra de Exu
Olho de cabra
Dedo de Exu
Ogum
Fava de Ogum ; bejerekun ; aridan.
La photographie du catalogue montre de petites graines lisses, ovales et brun rouge.
Ogum
Oxóssi
Fava de Oxóssi ; ayò ; pinha de Oxóssi.
La fava illustrée est une graine arrondie, grise à bleu gris, à enveloppe dure. La pinha de Oxóssi est ovoïde et rouge brun, avec une surface formée d’écailles imbriquées.
Fava de Oxóssi
Pinha de Oxóssi
Omolu / Obaluaiyé
Fava de Omolu ; fava de Obaluaiyé ; graines d’hévéa ; aridan.
Graines ovales et luisantes, dont l’enveloppe porte des marbrures brunes.
Obaluayê
Xangô
Fava de Xangô ; orobô ; alibé ; aridan pour Xangô Baru.
Le catalogue montre des graines larges et rouge brun sous le nom de Xangô. L’orobô constitue une autre entrée.
Xangô
Orobô
Oxum
Fava de Oxum ; flor de Oxum ; andiroba ; guapuruvu ou fava divina ; aridan.
La photographie montre la forme jaune, à éléments aplatis et arrondis. L’andiroba et le guapuruvu sont d’autres matières citées pour Oxum.
Fava de Oxum
Iansã / Oyá
Fava de Iansã ; fava de Oyá.
Fèves brunes, larges et aplaties, à tégument lisse.
Fava de Iansã / Oyá
Iemanjá
Fava de Iemanjá ; Ègboyia ; fava saúde Iemanjá.
L’enveloppe blanche est en coton. À l’intérieur se trouve une matière brune, ovoïde, composée d’écailles imbriquées.
Fava de Iemanjá — enveloppe de coton
Fava de Iemanjá — intérieur de l’enveloppe
Nanã
Fava de Nanã ; fava Nanã comprida.
Deux présentations sont illustrées : une forme allongée, sombre et ridée, et une forme courte et arrondie dans le catalogue.
Fava de Nanã — forme allongée
Nanã
Oxalá / Obatalá
Fava blanche de Oxalá ; lelekun, matière distincte.
Fèves blanches, ovales et aplaties, avec une marque brune sur le côté.
Fava de Oxalá
Oxumaré
Fava de Oxumaré ; amendoim, èpà — arachide.
Le catalogue présente sous le nom d’Oxumaré un fruit brun à surface écailleuse. L’arachide est une autre graine citée dans les usages rituels.
Oxumaré
Logun Edé
Fava de Logun ; fava de Logun Edé.
Graines allongées, lisses et rouge brun, illustrées sous le nom Logunede dans le catalogue.
Logun Edé
Obá
Fava de Obá ; fruit en forme d’oreille.
Fruits secs foncés, aplatis et recourbés en forme d’oreille.
Fava de Obá
Euá / Ewá
Fava de Ewá ; baunilha dans une notice distincte.
La photographie communiquée montre une matière brune et fibreuse. Le catalogue présente aussi des graines ovales et mouchetées sous le nom d’Ewá.
Le catalogue montre deux fruits secs arrondis, à surface hérissée, sous l’intitulé Osanyian.
Osanyian
Ibeji
Fava de Ibeji ; Ibeji / wunji.
Matières ovoïdes, brunes, à surface fibreuse et striée longitudinalement.
Fava de Ibeji
Orunmilá
Ayò ; ikin ; Orumila ou Divina ; Ifá.
Le catalogue distingue les entrées Orumila ou Divina et Ifá. Les ayò et les ikin sont présentés dans leurs notices respectives.
Orumila ou Divina
Ifá
Le dandá da costa, également cité pour Exu, Ogum, Oxóssi et Ossaim, est un tubercule.
La fava de Obará figure dans les documents. Obará désigne ici un odù ; sa photographie accompagne donc la notice correspondante en dehors du tableau des Orixás.
Les noms commerciaux
Les maisons d’articles religieux proposent également des matières appelées abre caminho, chama dinheiro, prosperidade, sorte, paz, atração, encanto, amarração ou fava da inveja.
Ces noms expriment généralement une intention ou un champ symbolique. Ils ne constituent pas des noms botaniques. Une même appellation peut être portée par plusieurs produits, et un même produit peut recevoir différents noms selon le fournisseur.
Les noms chequele, bessem, fava do amor et dedo de Exu demandent la même attention. Leur présence sur une étiquette ne permet pas de déterminer à elle seule la plante, sa composition ou son emploi religieux.
Les appellations formées avec le nom d’un Orixá suivent une logique comparable. Les catalogues mentionnent notamment des favas d’Exu, Ogum, Oxóssi, Oxum, Oxalá, Iansã, Iemanjá, Nanã, Omolu, Oxumaré, Logun-Edé, Obá, Euá, Ossaim et Ibeji. Toutes ne correspondent pas à une espèce unique ou identifiée.
Les photographies du catalogue Favas de Axé
ExuPichuriOgumOxóssiObaluayêOxumOxumLelecumOrobôOyáOxaláAridanXangôNanãIemanjáOxumaréEwáObáLogun EdéOrumila ou DivinaIfáObaráOsanyianIbeji / wunjiCoco de dendêAlibéPixurim póGarra de ExuOlho de cabraOpeléArioFava de ToncaChama dinheiroAtaréAriáAbre caminhoProsperidadeBejerecunOlho de boiFava de amarraçãoBucho de boiAbereImburanaJucáChama dinheiroJatobáObiAndaraAtaréFava chapéuFava encantoFava atraçãoFava sorteFava chequeleFava da invejaFava divinaFava sucupiraFava bessemFava da pazPinha de Oxóssi
Source : catalogue Paperini transmis avec les documents.
Connaître la matière et comprendre sa destination
Reconnaître une fava demande davantage que retrouver son nom dans une liste. La provenance, la forme du fruit, l’aspect de la graine et la connaissance de la plante permettent de mieux comprendre la matière employée.
L’identification botanique et la connaissance religieuse répondent à deux questions complémentaires. La première cherche à reconnaître une plante et ses parties. La seconde considère leur destination, leur relation avec les Orixás et leur place dans la transmission.
Un nom botanique exact ne suffit pas à déterminer un usage rituel. Inversement, une appellation religieuse connue ne garantit pas l’identité de tous les produits vendus sous ce nom.
Plusieurs matières mentionnées dans les répertoires peuvent être toxiques ou confondues avec d’autres espèces. Leur présence dans une pratique religieuse ne permet pas de les considérer comme des aliments ou des remèdes.
Arachide — fruits en coque d’Arachis hypogaea — Roger Culos / Muséum de Toulouse. Photographie originale · CC BY-SA 4.0. Image présentée sans modification de son contenu.
Les autres photographies proviennent des images communiquées pour cette page et du catalogue Favas de Axé de Paperini. Leurs légendes reprennent les appellations des documents fournis.